COALITION pour le contrôle des armes/ for Gun Control

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L'histoire du contrôle des armes

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Pour plus d'information

La violence conjugale avec arme à feu


La problématique

Le contrôle des armes couvre une petite mais importante part du problème de la violence faite aux femmes.
  •  Malgré l’accent que certains peuvent mettre sur « l’élément criminel » et les armes de poings illégales, nous savons que les armes les plus souvent utilisées lors d’homicides conjugaux sont des carabines et des fusils légalement acquis.

  •  En moyenne, 40 % des femmes tuées par leur mari sont abattues d’un coup de feu, la plupart du temps (80 %) avec de telles armes.

  • La plupart des cas de violence domestique ne sont pas signalés à la police. En moyenne, une femme sera agressée trente fois avant qu’une plainte ne soit déposée. Si une arme à feu est accessible dans une telle situation, le risque que l’assaut aboutisse à un meurtre n’en est que plus grand.

  •  Les armes à feu font souvent parties du cycle d’intimidation et de violence auquel les victimes sont confrontées à domicile. Pour chaque femme abattue avec une arme à feu par son époux, des milliers d’autres sont menacées ou vivent dans la terreur.

  •  L’opposition au contrôle des armes est plus marquée dans certains endroits (surtout en région rurale) mais c’est justement là que la violence liée aux armes est plus fréquente.

  • Un nombre important d'homme qui tuent leurs conjointes ont un dossier criminel ou ont par le passé été l’objet de traitements psychiatriques. De plus, dans bon nombre de ces cas, quelqu’un était au courant des menaces et de la violence subies par les conjointes (soit un membre de la famille, la police, des travailleurs sociaux, ou d’autres membres de la communauté).

  • Bien que 86% des propriétaires soient des hommes, les femmes représentent 30% des victimes d’armes.

  • Des études démontrent que les femmes armées ne sont pas plus en sécurité. Le dr. James Scott du Georges Washington University Hospital a rapporté que la plupart des armes achetées par des femmes se retournent contre elles. Pour chaque femme qui achète une armes à feu dans le but de repousser les agressions, 239 sont tués par ce type d'armes et plusieurs d'entre-elles par la leur.

  • Les Canadiennes appuient massivement la nouvelle loi sur le contrôle des armes. Chez les femmes, 83% appuient la nouvelle Loi comparativement à 78% dans la population canadienne en général. En ce qui concerne l'enregistrement des fusils et carabines, 89% des femmes sont d'accord,  alors que 82% de la population est de cet avis. 

  •  Dans une résolution à cet effet, la Commission de la prévention du crime et de la justice pénale des Nations-Unies a reconnu de façon explicite le problème des armes à feu en matière de violence domestique. Récemment, la Commission sur le statut de la femme des Nations-Unies a aussi abordé la question et confirmé que les actes de violence commis envers les femmes avec des armes à feu constitue un problème global.

 

La nouvelle loi

Les permis pour propriétaires d’armes et l’enregistrement des armes à feu, de concert avec une implantation et un entraînement adéquats, sont essentiels afin d'éliminer les situation où les les femmes se retrouvent en danger face aux armes à feu.

  • Avec la nouvelle loi, tous les propriétaires d'armes à feu font l'objet d'une vérification pour obtenir un permis, renouvelable aux 5 ans. Auparavant, seulement le tiers des propriétaires possédaient un Autorisation d'acquisition d'Armes à feu, puisque ce permis n'était requis que pour l'achat d'une arme à feu, non pour la possession.

  • Avec la nouvelle loi, un permis est requis pour la possession d'armes à feu. Il sera automatiquement révisé s'il y a signalement de violence domestique et autres délits. 

  • D’après la nouvelle loi et ses règlements, lorsqu’une personne fera un demande de permis, leurs époux/ses et ex-époux/ses en seront immédiatement avisé/es.

  • L’émission de permis et l’enregistrement sont primordiaux pour éliminer les armes des contextes où il y a violence domestique.

  • L’enregistrement est également crucial pour faire respecter les 17 500 ordonnances d’interdiction qui sont émises chaque année au Canada. En ce moment, il y en a un total de 70 000.

  •  Comme l’a démontré l’enquête sur le meurtre d’Arlene May en Ontario, avec le système déjà en place, l’information concernant les propriétaires et leurs armes n’est pas facile d’accès dans la plupart des juridictions. Cette enquête a encore une fois confirmé l’importance du contrôle des armes pour aider à prévenir la violence faite aux femmes.

  • L'enquête du coroner lors du massacre Vernon en 1997 a également confirmé l'importance d'enregistrer les armes à feu et d'imposer des licences aux propriétaires. Mark Chahal a tué son épouse et 8 membres de sa belle-famille. L'enquête du coroner recommande que "les longues armes deviennent des armes restreintes et soient enregistrées" et que le "CCAF fournisse une banque de données pour les enregistrements d'armes à feu, les injonctions et les dossiers sur la violence domestique ou crée un registre à la grandeur du Canada" . Il demande aussi qu'il y ait des avis aux épouses et ex-épouses avant que le permis soit octroyé.

  • Depuis le 1er décembre 1998, la nouvelle ligne de notification a reçu plus de 26 000 appels. Cet outil s'est avéré très utile pour le conjoint du demandeur (ou autre) lui permettant de partager ses inquiétudes concernant la sécurité publique.

  • Le contrôle des armes ne signifie pas leur abolition et rien dans la nouvelle loi n’empêche l’utilisation des armes à des fins légitimes.

 

C'est loin d'être terminé

Le 15 juin 2000, la Cour Suprême a confirmé la constitutionnalité de la Loi sur les armes à feu. La décision unanime 9 à 0 est une victoire marquante pour la législation canadienne, une décision dont nous pouvons tous être très fiers. Elle était sans équivoque : " Les clauses concernant l’enregistrement ne peuvent être dissociées du reste de la Loi. Les clauses concernant les permis obligent tout individu qui possède une arme à feu à se procurer un permis; les clauses concernant l’enregistrement rendent obligatoire l’enregistrement de toutes les armes à feu. Ces parties de la Loi sur les armes à feu sont toutes deux fermement liées à l’objectif du Parlement de promouvoir la sécurité par la réduction des mauvais usages de n’importe laquelle et de toutes les armes à feu. Les deux portions sont partie intégrante du système et sont nécessaires à son opération. "

Le renvoi constitutionnel avait été initié par le gouvernement de l’Alberta, auquel s’étaient joints la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et les territoires ainsi que plusieurs groupes du lobby des armes à feu. Après avoir perdu à la Cour d’appel albertaine, ils avaient fait appel à la Cour Suprême, où la cause avait été entendue en février dernier. Un grand nombre de groupes sont intervenus en appui à la Loi sur les armes à feu, incluant : la Coalition pour le contrôle des armes, l’Association canadienne des chefs de police, les villes de Montréal, Toronto et Winnipeg, la Société canadienne de pédiatrie, l’Association canadienne pour la santé des adolescents, l’Alberta Council of Women’s Shelters, CAVEAT, la Fondation des victimes du 6 décembre contre la violence et l’Association pour la santé publique du Québec. L’intervention en faveur de la Loi a également été appuyée par les maires de Québec, Ottawa et Vancouver, de même que par le Manitoba Action Committee on the Status of Women, le Nova Scotia Advisory Council on the Status of Women et la United Church of Canada’s Alberta and Northwest Conference, division Église et société.

Malgré l’importante victoire pour les Canadiens que constitue la décision de la Cour Suprême, il reste encore beaucoup de travail à faire. L’opposition et les attaques du lobby des armes et de plusieurs provinces continuent à faire obstacle à la Loi. De plus, nous devons continuer de veiller à l’implantation efficace de la loi.

Présentement, plus de 50 organisations de femmes ont endorsé la Coalition pour le contrôle des armes et près de 100 autres supportent la législation. 


Armes à feu et violence domestique : Vers une stratégie de prévention nationale (1997)

Résumé :

La Coalition a fait une série de recommandations relatives à l’implantation de la loi actuelle et aux changements dans les règlements liés à la nouvelle loi. Celles-ci incluent :

  • une approche consistant à « refuser en cas de doute » lors de l’émission des permis;

  • l’avertissement automatique de l’époux/se et de/des ex-époux/ses d’une personne qui demande une Autorisation d’acquisition d’arme à feu ou un permis. Ceci peut être accompli grâce aux pouvoirs conférés par la loi actuelle, et officialisé dans les nouveaux règlements qui en découlent;

  • une enquête policière en profondeur dans la communauté si un/e ex-époux/se ne peut être contacté/e. La confidentialité et la sécurité des personnes qui participent à cette enquête doivent être garanties;

  • la reconnaissance du fait que les victimes de violence domestique sont agressées 30 fois avant qu’une plainte ne soit déposée. D’après plusieurs études, cela n’empêche pas le problème d’être connu, ce qui fait que diverses sources doivent être consultées avant qu’un permis ne soit accordé. Les enquêtes et entrevues doivent être réalisées par des personnes qui sont familières avec les questions de violence domestique;

  • l’élargissement des enquêtes au-delà des banques de données locales. Les candidats doivent fournir des renseignements sur leurs domiciles des cinq années précédentes, et la police doit faire un suivi dans ces juridictions. Présentement, les banques de données policières sont fragmentées et le Canadian Police Information Computer ne dispose que d’une faible fraction des renseignements liés à l’émission des permis. Tous les efforts possibles doivent être faits pour améliorer l’accessibilité et l’échange des renseignements;

  • l’inclusion, dans l’approche de tout cas de violence domestique, d’une enquête sur la présence d’armes à feu et leur retrait immédiat des lieux lorsqu’on perçoit le moindre risque. Les contrevenants devraient être identifiés comme tels, et la révocation de leur permis, de même que l’émission d’une ordonnance d’interdiction, devraient être sérieusement envisagées s’il y a risque pour la sécurité de qui que ce soit;

  •  l’éducation en profondeur des policiers, avocats et autres intervenants du système judiciaire quant aux questions de violence domestique. Les experts dans le domaine et les personnes qui ont elles-mêmes été touchées par le problème doivent contribuer aux efforts visant à développer et implanter la présente stratégie. Il est également nécessaire d’améliorer la compréhension des risques associés aux armes. L’emphase que l’on place actuellement sur les "criminels" et les armes illégales n’est pas pertinente dans les cas de violence domestique. Tous les intervenants doivent savoir à quel point les armes à feu font partie du cycle de violence domestique, et ce, particulièrement dans les régions rurales. Ils doivent connaître et appliquer toutes les mesures dont ils disposent pour réduire ces risques; 

  • plus de recherches et une meilleure évaluation des procédures, afin de garantir une meilleure responsabilisation.

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