COALITION pour le contrôle des armes/ for Gun Control

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Armes à feu et armes légères: un problème global

Selon les estimations, près de 3 millions de personnes ont été tuées par armes à feu (AAF) lors de conflits dans les 10 dernières années, ce qui signifie environ 300 000 par année, en moyenne. Ce nombre pourrait être comparé au nombre de personnes qui sont tuées par meurtres, accidents et suicides, soit 200 000 annuellement.

  • Les AAF sont une cause majeure de décès: 30 pays membres des Nations      Unies ont rapporté plus de 200 000 décès annuels par meurtres, accidents et   suicides. Plusieurs de ces décès auraient pu être évités.

  • Le coût chez les enfants et les jeunes est particulièrement élevé.

  • Les AAF augmentent le taux de mortalité lié aux tentatives de suicide.

  • Les armes à feu sont le moyen le plus létal utilisé lors de suicides.

  • Les armes à feu figurent dans le cycle de la violence conjugale.

  • Les armes de petit calibre, incluant les AAF, sont présents jusqu'à 90% des décès lors de conflits armés. Un nombre de plus en plus grand de victimes sont des enfants.

  • La prolifération non restreinte des armes à feu mine les efforts de paix, de bon gouvernement et de la société civile. 

Depuis la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, la violence politique a connu un déclin. Mais cette réduction de la violence politique est éclipsée par les coûts d’un autre type de violence moins connue : 15 000 personnes ont été tuées de 1990 à 1998, suite à des actes de nature politique pendant que, seulement pour l’année 1997, 25 000 africains du sud ont été assassinés. D’un point de vue médical, les constructions autour des concepts conflit et crime ne sont pas particulièrement significatives et utiles : l’accent devrait plutôt être mis sur la protection de la vie humaine dans le contexte des droits de l’Homme et des lois humanitaires.

Mettre à découvert les racines de causes de la violence, des conflits et des blessures, est sans aucun doute important. Toutefois, nous devons en même temps mettre l’emphase sur les instruments de la violence. Mais peu importe le contexte où elles sont utilisées - crime, conflit, abus domestique, suicide - elles augmentent la sévérité, le nombre de victimes et l’opportunité pour les enfants de devenir à leur tour des tueurs.

La prolifération non restreinte des AAF entraîne un cycle de violence difficile à briser: la peur entraîne l’armement, qui fait naître la violence, qui entraîne l’insécurité, et par conséquent une course à l’armement. Les efforts pour construire une société civile viable sont amoindris, autant dans les zones de conflit qu’à l’intérieur des villes.

La violence se présente sous de nombreux aspects et peut avoir des effets en cascade. Les effets de la victimisation ne sont pas seulement mesurés par les taux de mortalité et de morbidité, mais également par ses effets secondaires sur la qualité de vie, le coût des services, la valeur économique de la perte de productivité, les impacts sur la valeur des biens, l’interruption des services de base, l’ébranlement de la confiance envers le gouvernement, les effets sur l’investissement, le commerce et le tourisme et sur ce qui les relie.

La violence en Afrique du Sud a été définie comme étant "la plus grande menace aux droits de l’Homme" à laquelle doit faire face une démocratie encore à ses premiers balbutiements. La violence pourrait également être une des plus grandes menaces pour le développement économique et social. De plus, la violence a été identifiée comme un obstacle majeur à l’approvisionnement des soins de santé de base ainsi que des ressources diverses provenant d’autres services de santé et sociaux.

En Amérique latine, la violence criminelle éclipse la violence politique et a un impact énorme sur la sécurité des individus, le développement économique et le gouvernement. Les coûts économiques de la violence, en incluant les coûts du maintien de l’ordre et la valeur de la perte des vies humaines ont été estimés à 14 % du PNB. Au Brésil, la violence équivaut à 10 % du PNB, mais en Colombie, ce chiffre grimpe à 25 %. Les données concernant les armes à feu occupent une place importante puisque 70 % des homicides en Colombie et 88 % des homicides au Brésil ont été perpétués au moyen d'une AAF.

Même dans les pays développés, les coûts associés à la violence sont renversants. Au Canada, les coûts attribuables aux décès et aux blessures par AAF seulement (incluant les homicides, le suicide et les blessures involontaires) ont été estimés à 6 billions de dollars par année. Aux États-Unis, les coûts sont beaucoup plus élevés (13 billions annuellement). En plus des coûts associés à la perte de vies humaines, la violence aux États-Unis détourne les ressources en santé, les ressources sociales et policières qui pourraient être utilisées pour d’autres priorités.

Accessibilité des armes légères/Armes à feu et taux de mortalité

• La quantité d’information est limitée quant au nombre total de décès et de blessures causés par les AAF de petit calibre en période de conflit, mais les recherches ont démontrées que lorsque des armes sont en circulation, le taux de mortalité demeure élevé même après la cessation d’un conflit.

• Une étude a comparé le taux de blessure par armes 5 ans avant que la région soit sous contrôle incontesté et 1 1/2 an après la prise de pouvoir. Les blessures causées par les armes ont diminué seulement de 20-40% après la cessation du conflit. Même une fois la paix rétablie, il n'y a eu aucun désarmement de la population et les armes sont demeurées en circulation.

• Une autre étude en Afghanistan a examiné les circonstances entourant toutes formes de blessures sur une période de six mois.  Une région du pays était pacifique alors que dans d'autres régions sévissaient des conflits armés entre factions. On y a trouvé des taux élevés de blessures non reliées aux combats, même dans les régions pacifiques : 80 décès par 100 000, dont 50% de ces décès étaient reliés aux armes à feu.

• Plusieurs études ont démontré un lien existant entre l'accessibilité des AAF et le taux de mortalité par AAF. Une étude qui a examiné le lien entre le taux de possession d'armes et le taux de mortalité par AAF à l'intérieur des provinces canadiennes, des États-Unis, de l'Angleterre / Pays de Galles et en Australie a découvert une corrélation de 92% entre les foyers qui contiennent des armes et les décès par armes à feu. Une autre analyse portant sur 13 pays a démontré qu'il existe une forte corrélation entre la possession d'armes et le taux d'homicide et le taux de suicide. Aucune preuve de substitution n'a été découverte.


Tableau 1 - Comparaisons internationales

 

Pays Délivrance d'un permis aux propriétaires? Enregistrement de toutes les armes à feu? Autres Foyers possédant une arme à feu (%) Homicide par AAF (par 100 000) Suicide par AAF (par 100 000)

Décès  inten-

tionnels (par 100000)

Japon Oui Oui Interdiction des armes de poing à quelques exeptions près 0.6 0.03 0.04 0.07
Singapour Oui Oui La plupart des Armes de poing et carabines interdites 0.01

(795 dans le pays)

0.07 0.17 0.24
Taïwan N/A N/A N/A 0.15 0.12 0.27
Kuwait N/A N/A   N/A 0.34 0.03 0.37
Angleterre/Pays de Galles Oui Oui Armes de poing interdites 4.0 0.07 0.33 0.4
L'Écosse Oui Oui Armes de poing interdites 4.0 0.19 0.30 0.49
Pays-Bas Oui Oui 1.9 0.27 0.28 0.55

Espagne Oui Oui Certaines armes de poing et carabines sont interdites 13.1 0.19 0.55 0.74
Irlande Oui Oui   N/A 0.30 0.94 1.24
Allemagne Oui Oui   8.90 0.21 1.23 1.44
Italie Oui Oui N/A 1.16 1.11 2.27
Suède Oui Oui Restrictions dans certaines régions 20.0 0.18 2.09 2.27
Danemark Oui Armes longues seulement   8.0 0.23 2.25 2.48
Israël Oui Oui N/A 0.72 1.84 2.56
Nouvelle-Zélande Oui Armes de poing

A été proposé pour les armes longues

20.0 0.22 2.45 2.67
Australie Oui Oui Les armes semi automatiques sont banies sauf pour excellente raison 16.0 0.56 2.38 2.94
Belgique Certaines Oui Certaines carabines sont interdites 16.6 0.87 2.45 3.32
Canada Oui Toutes les armes à partir de 2003 Armes d'assaut militaire et certaines armes de poing 26.0 0.60 3.35 3.95
Norvège Oui Inconnu 32 0.36 3.87 4.23
Autriche Oui Oui Certaines armes de poing et carabines sont interdites 16-18 0.42 4.06 4.48
Irlande du Nord Oui Oui La législation de la Grande-Bretagne est appliquée 8.4 3.55 1.18 4.72
France Oui Oui excepté les carabines pour le sport 22.6 0.55 4.93 5.48
Suisse Oui Oui 27.2 0.46 5.74 6.2

Finalande Oui Oui Aucune interdiction 50 0.87 5.78 6.65
États-Unis Dans certaines États Armes de poing dans certains États Certaines armes dans certains États 41 6.24 7.23 13.47

Source: W. Cukier, "La réglementation des armes à feu : le Canada dans le contexte international." Maladies chroniques au Canada.  Avril, 1998


Marché légal, gris et illégal des armes à feu

En raison des liens établis entre les armes à feu licites et illicites et entre la réglementation domestique et internationale, les mesures pour endiguer la demande d’arme sont essentielles. Les armes à feu mal utilisées proviennent de quatre sources principales:

  • Les armes à feu qui sont mal utilisées par les propriétaires en règle avec la loi du pays

  • Les armes à feu qui sont prises ou volées des propriétaires en règle, souvent parce qu’elles ne sont pas entreposées adéquatement en sûreté ou les AAF qui sont achetées légalement et vendues illégalement (le "marché gris")

  • Les armes à feu qui sont importées illégalement (le marché illégal)

Cette expérience n’est pas unique; même au Japon, la plupart des armes à feu retrouvées par la police circulent en contrebande.


Renforcement du contrôle domestique

Réglementation domestique: La plupart des pays industrialisés émettent des permis aux propriétaires d'armes à feu et réglementent les AAF. Plusieurs pays ont récemment renforcé leur contrôle national. 

Grande-Bretagne

La Grande-Bretagne impose depuis longtemps des mesures de contrôle strictes des armes à feu. Le débat sur la réglementation des armes à feu a été ravivé en Grande-Bretagne le 13 mars 1996, lorsque 16 enfants d'une école primaire et leur enseignante ont été tués par un membre d'un club de tir local dans le petit village de Dunblane, en Écosse. En réponse à l'indignation de la population, on a institué une enquête publique pour examiner de nombreux aspects de la réglementation des armes à feu dans le contexte international. 

Par la suite, une nouvelle loi a été adoptée, interdisant 95 % des armes de poing et exigeant que les seules armes autorisées (calibre 0,22) soient entreposées dans des clubs de tir. Lorsque le Labour Party a pris le pouvoir, il a imposé une interdiction totale des armes de poing. D'autres modifications réglementaires sont en cours d'évaluation. Le rapport d'enquête, dirigé par Lord Cullen, dans le massacre de Dunblane, a déclaré que [TRADUCTION]: "Le droit au port d'armes n'est pas un débat enflammé au Royaume-Uni."

Nouvelle-Zélande

Suite à la tuerie de 13 personnes en Aaroama par un jeune homme dont les armes étaient enregistrées sous la législation en vigueur à cette époque, la Nouvelle-Zélande apporté des amendements à la loi sur les armes à feu en 1992. La Nouvelle-Zélande a mis fin en 1983 à son système d’enregistrement des armes manuel et non informatisé, suite à une revue du système qui recommendait d’introduire et d’affermir certains aspects de la loi. Tout comme la commission d’enquête de Dunblane, la commission d’examen du contrôle des armes à feu en Nouvelle-Zélande a considéré un large éventail de données et s’est penché sur l’expérience internationale en matière de contrôle des armes à feu. Ses principales conclusions étaient les suivantes: [traduction] “Le Arms Act 1983 et ses modifications subséquentes ne permettent pas de contrôler efficacement les armes à feu en Nouvelle-Zélande […] Une réforme radicale de la législation sur les armes à feu s’impose.”

La Haute Cour de Nouvelle-Zélande a déclaré que: [traduction] “Il faudrait mettre l’emphase sur le fait qu’il n’existe aucun droit général de port d’armes dans ce pays.” De plus, dans l’examen du contrôle des armes à feu, Sir Thomas Thorp a affirmé que: [traduction] “L’argumentation porte d’une manière accablante à l’encontre de la reconnaissance d’un droit général de port d’armes dans ce pays.”

Australie

En Australie, la législation relative aux armes à feu relève de chaque État, et non pas du gouvernement fédéral. Avant 1996, tous les États délivraient un permis aux propriétaires d'armes à feu, mais cinq seulement des huit Etats australiens enregistraient les armes à feu. Dans son rapport publié en 1990, le National Committee on Violence recommandait une série de mesures reliées à la réglementation des armes à feu, incluant l'enregistrement de toutes les armes à feu, et l'ancien ministre de la Justice fédéral prônait l'implantation d'un système national d'enregistrement des armes à feu dans le cadre de la stratégie de prévention du crime annoncée en mai 1995. Les partisans d'une réglementation australienne des armes à feu étaient à l'oeuvre depuis 1988 pour resserrer les lois de ce pays, mais le mouvement s'est considérablement accéléré depuis le meurtre de 35 personnes à Port Arthur, en Tasmanie, en avril 1996.

L'indignation du public a été vive et la réponse a été prompte. Le premier ministre australien John Howard a obtenu l'accord des huit États et territoires australiens pour que soit adoptée une législation uniforme incluant les volets suivants:

  • Enregistrement de toutes les armes à feu 

  • Interdiction frappant les fusils de chasse et les carabines semi-automatiques, sauf pour les agriculteurs en mesure de prouver un besoin légitime (cela a été accompli par le biais de l'imposition d'un impôt spécial ayant permis de recueillir 500 millions de dollars pour racheter les armes à leurs propriétaires)


En août 1997, plus de 500 000 armes avaient été rendues et 259,8 millions de dollars australiens avaient été versés en échange. En Australie, tous les gouvernements ont donné leur accord concernant le fait que la possession d'armes n'est pas un droit mais un privilège conditionel. Une raison fondée doit motiver l'octroi d'un permis de possession d'armes et la protection personnelle n'est pas reconnue comme une raison valable.

Afrique du Sud

Bien qu'aucun événement spécifique n'ait déclenché le récent mouvement vers un resserrement des contrôles des armes à feu en Afrique du Sud, celui-ci serait plutôt attribuable à l'initiative importante du dernier gouvernement et du parti ANC qui lui a réservé une partie de sa récente plateforme électorale. Le gouvernement a annoncé son intention de resserrer la réglementation nationale sur les armes à feu et a produit plusieurs documents politiques. Parmi les propositions on retrouve : de meilleures vérifications des antécédents des postulants, des restrictions plus sévères sur le prêt et des pénalités plus rigides pour la mauvaise utilisation. En Afrique du Sud, le lobby des armes a essayé d'inclure un "droit de porter des armes" dans la nouvelle Constitution lorsqu'elle a été ébauchée en 1995, mais cette initiative a été rejetée. Le fait que les africains du sud doivent démontrer qu'ils ont des raisons légitimes pour acquérir une arme à feu démontre que la possession d'armes n'est pas considérée comme un droit dans ce pays. 

Japon


Le niveau de sécurité publique au Japon est sans pareil dans l'ensemble du monde et est renforcé par de solides normes culturelles. En 1995, on a enregistré au Japon moins de décès par arme à feu qu'au cours d'une journée moyenne aux États-Unis. Il y a eu au total 168 agressions par arme à feu, où 34 personnes ont été tuées et 33 ont été blessées. Toutefois, les Japonais s'inquiètent de ce qu'ils perçoivent comme étant une escalade de la violence.

Les crimes faisant intervenir des armes à feu menacent le tissu social du Japon. La paix et la sécurité de la société sont le désir commun de tous les individus. Si l'on veut enrayer la propagation des armes à feu et prévenir la tragédie des crimes imputables à ce type d'arme, il est impératif que chacun soit conscient des dangers et de la nature antisociale des armes à feu et soit déterminé à lutter contre de tels crimes. 

La sensibilisation à la question de la réglementation des armes à feu au Japon a été influencée par le meurtre de citoyens japonais en voyage aux États-Unis. Un étudiant d'un programme d'échange, Yoshira Hattori, a été abattu le 31 octobre 1992 à Baton Rouge, en Louisiane, pour avoir commis l'erreur fatale de frapper à la mauvaise porte. Kei Sunade a été tué en 1994 à New York. Le père de Yoshi, Masaichi Hattori, a fait circuler une pétition exigeant l'interdiction des armes à feu qui a été signée par 1,72 million de personnes, la plus importante pétition de l'histoire, avant d'être présentée au président américain Bill Clinton. M. Hattori travaille avec le père de Kei, Koichi Sunade, de l'Association to End Gun Violence, et a fait don de la somme reçue à l'issue de la poursuite civile contre l'assassin de son fils pour soutenir les initiatives communautaires visant la réglementation des armes à feu.

La police japonaise est préoccupée par la proportion croissante d'incidents mettant en cause des armes à feu dans lesquels les individus responsables ne sont pas associés au crime organisé. En 1991, 93 % des armes à feu saisies au Japon provenaient du crime organisé (Borykudan), mais cette proportion est tombée à 74 % en 1995. La police est également préoccupée par le problème de la contrebande d'armes. Les États-Unis sont la première source (32,9 %) d'armes introduites par contrebande, suivis de la Chine (20,9 %).

Un autre événement important a été la tentative d'assassinat du commissaire général de l'agence de police japonaise en mars 1995. On a tiré à quatre reprises sur Takaji Kunimatsu avec des balles à pointe creuse. Il s'est depuis remis de ses blessures et a repris son travail.

En dépit du niveau relativement faible de violence imputable aux armes à feu au Japon, le gouvernement japonais a joué un rôle prépondérant dans les efforts déployés par les Nations Unies pour endiguer ce type de violence à l'échelle internationale.

Suisse

Les opposants au contrôle des armes à feu utilisent souvent la Suisse pour prouver que l'accès aux armes à feu n'est pas lié au crime ou à la violence. Selon leur arguments, comme pratiquement tous les citoyens helvétiques adultes de sexe masculin sont membres de l'armée et possèdent des armes militaires, l'accès à ces armes mortelles est presque universel, alors que rares sont les problèmes reliés aux armes à feu en Suisse2.

Toutefois, d'après Martin Killias, criminologue suisse à l'Université de Lausanne, le taux de foyers possédant des armes à feu en Suisse est en fait comparable à celui du Canada (27,2 %). Le processus de sélection des officiers de l'armée est très strict, et les munitions sont entreposées dans des boîtes scellées et inspectées régulièrement. En dépit de ces mesures de contrôle, le taux de suicides par arme à feu en Suisse vient tout juste au deuxième rang après les États-Unis, parmi tous les pays examinés par Killias.

La réglementation des armes à feu en Suisse est fragmentée et contrôlée au palier régional, mais des réformes à grande échelle sont aujourd'hui en cours en vue de l'établissement de normes nationales.


Les résolutions et les ententes internationales


Plusieurs études ont démontré l'ampleur du problème du trafic illégal des armes à feu et plus spécifiquement, l'utilisation d'armes légales à des fins criminelles ou illégales lorsqu'il n'existe aucun système de contrôle des armes adéquat. Afin de réduire le trafic illégal des armes à feu, il est essentiel de maintenir un système de contrôle des AAF efficace. Comme les armes à feu proviennent de régions non réglementées et se rendent à des destinations réglementées, il est essentiel de maintenir une coopération internationale pour combattre le trafic illégal et la mauvaise utilisation des AAF.

Commission des Nations Unies sur la prévention du crime et la justice criminelle (1997)

L'inquiétude suscitée par la circulation des armes à feu des régions non réglementées vers les régions réglementées est l'une des raisons ayant motivé la récente résolution adoptée par la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale des Nations Unies. Lors de la réunion de mai 1997 de cette commission, une résolution proposée par 33 pays a été adoptée, établissant explicitement un lien entre l'accès aux armes à feu et les décès et les blessures, et soulignant le problème de la circulation des armes à feu des régions non réglementées vers des régions réglementées. La résolution incluait les points suivants [traduction].

4. Invite le Secrétaire général à promouvoir, dans la limite des ressources existantes, des projets de coopération technique qui reconnaissent la pertinence de la réglementation des armes à feu pour lutter contre la violence envers les femmes, pour promouvoir la justice envers les victimes d'actes criminels, pour s'attaquer au problème des enfants et des jeunes qui sont tant des victimes que des auteurs d'actes criminels, et pour rétablir ou renforcer la primauté du droit dans les projets de maintien de la paix après les conflits;

5. Encourage les États Membres à considérer, lorsqu'ils ne l'ont pas encore fait, des approches réglementaires de l'utilisation par les civils d'armes à feu, qui incluent les éléments communs suivants;

a) Réglementation liée à la sécurité du maniement et de l'entreposage des armes à feu;

b) Sanctions administratives et/ou pénales appropriées pour les infractions mettant en cause l'utilisation à mauvais escient ou la possession illégale d'armes à feu;

c) Atténuation ou exemption de la responsabilité criminelle, amnistie ou programmes similaires que les États Membres individuels jugeront appropriés pour encourager les citoyens à rendre leurs armes à feu illégales, dangereuses ou dont ils ne veulent pas;

d) Système de délivrance de permis, notamment pour les commerces d'armes à feu, afin de veiller à ce que les armes à feu ne soient pas distribuées à des individus reconnus coupables de crimes graves ou à d'autres personnes qui n'ont pas le droit, en vertu des lois des différents États Membres, de posséder ou de détenir des armes à feu;

e) Système de tenue de dossiers pour les armes à feu, incluant notamment un système pour la distribution commerciale des armes à feu et l'exigence d'apposer une marque appropriée sur les armes à feu, à la fabrication et à l'importation, afin de faciliter les enquêtes criminelles, de décourager le vol et de faire en sorte que les armes à feu ne soient distribuées qu'aux personnes qui sont autorisées à posséder ou à détenir des armes à feu en vertu des lois des États Membres concernés.

Protocole des Nations Unies contre la fabrication et le trafic illicite des armes à feu, leurs composantes et munitions

Lors de la rencontre tenue en 1998 par la Commission des Nations Unies sur la prévention du crime et la justice criminelle, une résolution a été passée appelant le développement d'un protocole international pour contrôler le trafic illicite des armes à feu, du contrôle de l'importation au contrôle de l'exportation, en passant par le contrôle du transport des AAF, de ses composantes et des munitions. Ce protocole est présentement en période de négociation et est chapeauté par le Ad Hoc Committee on Transnational Crime. Ce protocole est similaire au récent accord du OAS concernant les armes à feu. 


Sources d'information internationale

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