COALITION pour le contrôle des armes/ for Gun Control

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  • Communiqués de la Coalition pour le contrôle des armes pour l'année 1998-96 sont disponibles ici

Communiqué de presse: 21 mars 2001

Des experts en sécurité publique réaffirment leur appui pour la nouvelle Loi sur les armes à feu

 Aujourd’hui, malgré l’opposition des lobby d’armes à feu, l’Association canadienne des policiers (ACP) a voté en faveur du maintien de son appui pour le système national d’enregistrement des armes à feu.  Des experts en sécurité publique à travers le Canada ont applaudi cette décision et ont réaffirmé leur propre soutien pour la nouvelle Loi sur les armes à feu, incitant ainsi le Ministère fédéral de la Justice à continuer son chemin dans la bonne direction.

Pierre Sangollo, Directeur de la sécurité publique de Ste-Julie (Québec) et membre de l’Association canadienne des chefs de police, affirme : « L’Association canadienne des chefs de police (ACCP) représente plus de 400 directeurs de police à travers le Canada qui s’occupent de la sécurité communautaire; depuis les 10 dernières années, l’ACCP a mis pression afin d’obtenir le licenciement et l’enregistrement des armes ainsi qu’une interdiction totale sur les armes d’assaut militaires.  De plus, l’Association a défendu la Loi sur les armes à feu jusqu’à la Cour Suprême du Canada.  Nous croyons sincèrement que le système d’enregistrement va rendre les propriétaires d’armes à feu plus responsables puisqu’ils seront davantage incités à ranger leurs armes de façon sécuritaire, étant donné que leurs noms y seront rattachés.  En effet, ce mécanisme va réduire considérablement le nombre de vols d’armes à feu ainsi qu’offrir aux policiers de l’information importante et utile dans la prévention de crimes.  Je lutte depuis longtemps contre le crime organisé et je crois fortement que le contrôle des armes à feu est un outil efficace pour contrer le trafic illégal d’armes et empêcher les armes de tomber entre les mains de personnes potentiellement dangereuses. Cette Loi est donc une solution à long terme qui produit déjà des résultats bénéfiques.  L’ACCP considère que la Loi est un investissement indispensable pour assurer la sécurité publique de nos communautés.»

Arn Snyder, officier de police à la retraite et porte-parole de l’Association canadienne de justice criminelle (ACJC), commente : «L’ACJC, qui représente les professionnels dans le domaine de la justice criminelle et des citoyens qui ont un intérêt en cette matière à travers le Canada, maintient que nous avons besoin de contrôles efficaces sur la possession légale d’armes à feu, par le licenciement et l’enregistrement, afin de réduire l’utilisation illégale des armes à feu. Avant cette mesure législative, il y avait peu de contrôles sur les carabines et les fusils, malgré le fait que ces armes sont les plus souvent récupérées à la suite de crimes et les plus fréquemment utilisées pour tuer au Canada. La Loi sur les armes à feu a non seulement une valeur pratique dans la prévention du crime et les enquêtes criminelles, mais de façon peut-être aussi importante, elle confirme nos valeurs en tant que canadiens.  Étant moi-même propriétaire d’arme à feu, je peux affirmer que la Loi n’empêche aucunement les propriétaires légitimes d’armes d’employer celles-ci dans le cadre d’activités légitimes.  De plus, la nouvelle législation est conforme aux standards internationaux, la plupart des pays industrialisés ayant déjà mis en place des systèmes de licenciement et d’enregistrement d’armes à feu.»

Priscilla de Villiers, Présidente de CAVEAT, dit: «L’enquête portant sur l’auteur du meurtre de ma fille en 1991 a spécifiquement recommandé le licenciement et l’enregistrement de toutes les armes à feu.  Depuis cela, 5 autres enquêtes ont confirmé ces recommandations.  Nous devons simplement pouvoir identifier les propriétaires d’armes à feu pour qu’elles ne tombent surtout pas dans les mains de personnes qui peuvent poser un risque pour la sécurité publique.  Ceux qui s’opposent à la législation pour le motif que le système est trop coûteux ou cause des inconvénients excessifs pour les propriétaires ne savent pas ce que les armes peuvent avoir comme conséquence pour les victimes et leurs familles.  Étant donné les risques importants associés aux armes à feu, les mesures législatives en vigueur sont raisonnables.  Nous avons lutté fortement pour cette Loi jusqu’à la Cour Suprême du Canada et nous allons continuer de défendre les principes sous-jacents de la Loi.  Le contrôle des armes est un élément indispensable du contrôle et de la prévention de crimes.  Ceux qui mettent une importance sur le respect des droits de victimes devraient donc donner leur appui pour cette Loi. »

Selon Dr. David Swann, Agent médical de santé, Pallister Health Region – Headwater Health Authority, Alberta, « Depuis plus de 10 ans, l’Association canadienne de santé publique (ACSP) insiste, la recherche montre clairement un lien direct entre l’accès aux armes à feu et le nombre de décès par armes à feu. L’ACSP croit que la Loi contribue à la réduction au Canada des taux de blessures et de décès accidentels, de suicides, de crimes violents et d’homicides domestiques. Depuis 1989, plus de 10 000 Canadiens sont morts par balles. Le Canada se situe au cinquième rang en ce qui concerne le taux de décès par armes à feu chez les enfants de 0 à 14 ans. Le suicide par arme à feu est aussi la troisième cause de décès chez les jeunes de 15 à 24 ans. Je crois fermement que la nouvelle loi va améliorer la santé et la sécurité publique en gardant les armes à feu hors de la portée des individus posant un risque. » 

Elaine Teofilovci, Chef de direction pour le YWCA du Canada, dit: «Plus de 100 organisations et abris pour les femmes ont lutté pour cette législation qui comporte des mesures visant directement à diminuer la violence conjugale.  Parce qu’ils sont facilement accessibles, les fusils et carabines sont des armes de premier choix quand les hommes veulent tuer leurs conjointes.  Par ailleurs, les armes à feu figurent au centre du cycle de violence auquel font face plusieurs femmes et enfants dans leur domicile.  L’enregistrement est donc un outil essentiel pour imposer des ordonnances d’interdiction et pour assister la police dans l’élimination d’armes à feu de situations abusives avant qu’un voie de fait ne devienne un meurtre.  Les opposants discutent de l’importance de punir les vrais criminels et non pas les citoyens qui respectent la loi, mais la réalité demeure que les homicides domestiques sont souvent commis par des citoyens considérés normalement respectueux de la loi et qu’un même nombre d’homicides domestiques se terminent en suicide.  Les appels pour des sentences plus sévères sont, de façon générale, sans pertinence.  La prévention est donc l’élément clé dans cette équation. »

Wendy Cukier, Présidente de la Coalition pour le contrôle des armes et Professeure d’études judiciaires à l’Université Ryerson Polytechnic, affirme : « Il s’agit de la 6e ou 7e fois que l’ACP a voté sur cette question.  Lors de tous les votes précédents, l’ACP a réaffirmé son appui et nous savons qu’une portion de leur soutien provient d’individus qui sont en faveur des armes à feu.  C’est malheureux de savoir que certains membres de l’ACP font confusion entre leurs intérêts personnels et leurs devoirs professionnels d’assurer la sécurité publique.  Toutefois, la plupart des organisations de santé publique au Canada sont clairement en faveur de la législation.  De plus, des sondages nous démontrent continuellement que le support public pour la Loi n’a pas souffert.  Malgré l’apparence d’un mécontentement parmi les propriétaires d’armes à feu, ces derniers ont fait leurs demandes pour des permis; ce fait suggère alors que les opposants de la Loi constituent simplement une minorité vocale.  De toute façon, ce sont les chefs de police ainsi que les corps policiers qui sont responsables de la sécurité publique dans nos communautés.  En bout de ligne, ceux-ci ont réaffirmé leur support unanime pour la Loi vote après vote. »

La Professeure Cukier conclue en disant que: «Nous savons que le lobby pour les armes à feu a mené une campagne agressive afin de mal informer les associations policières pendant les derniers mois et années.  Cependant, qu’est ce que l’on peut en déduire lorsqu’il y a des membres de l’ACP qui sont en faveur du lobby plutôt que du côté des victimes, des experts en santé publique et des experts en prévention de crimes et de violence conjugale?


Communiqué de presse, 20 mars 2001

Rien de nouveau dans l’« étude » de l'Institut Fraser  dit la Présidente de la Coalition

En réponse à la récente « étude » par Gary Mauser de l’Institut Fraser (C-B) intitulé « Misfire : Firearm Registration in Canada » , Wendy Cukier, Professeur d’études judiciaires et Directrice-associée du Département de technologie de l’information  et de gestion, Faculté du Commerce, Ryerson Polytechnic University affirme : « Il semble que tout ce qui a été dit dans cette « étude » ait déjà été dit auparavant par M. Mauser lui-même, le lobby des armes ou l’Alliance Canadienne. C’est tout simplement la même vieille rhétorique du lobby des armes qui affirme que l’enregistrement des armes à feu ne fonctionnera pas, qu’elle punit les citoyens qui s’y conforment, qu’elle coûte trop cher, etc. Ces arguments sont en fait les mêmes que ceux notés par M. Mauser dans son rapport « Gun Control is not Crime Control » publié en 1995 par l’Institut Fraser ».

Professeur Cukier dit : « Il est faux de dire que cette « étude » amène quelque chose de nouveau au débat. Les références le prouvent. À l’exception de certains articles de journaux et de communiqués de presse du Parti Réformiste, plusieurs sources sont dépassées. Par exemple, il cite un sondage Angus Reid sur l’opinion publique datant de 1993 alors qu’au moins sept autres sondages du même type ont été menés depuis cette date (voir Angus Reid 1995 et 1998; Environics 1994; Sondage Gallup 1994 et 2000; Harris Poll 1998; Insight Canada Research 1995). Son long discours sur M. Robert Peel ressemble beaucoup à un essai publié par  l’amateur d’armes John Gayder (Gayder, John. « Is Modern Gun Control Hazardous to Police? » Disponible sur le site web du Club Sportif de Niagara au http://www.vaxxine.com/scon/isguncon.htm ). J’enseigne présentement un cours dans lequel nous discutons de la police de quartier et je crois personnellement que M. Robert Peel, le père britannique de la police moderne, se retournerait dans sa tombe s’il savait à quoi sert son travail. Et pour ceux qui doutent encore de l’implication politique dans cette histoire, notez que Dennis Young, Assistant parlementaire de Garry Breitkreuz, député de l’Alliance Canadienne et  critique de l’opposition sur le contrôle des armes, est la première personne à être remerciée dans cette « étude ».

Professeur Cukier continue : « Gary Mauser a été un contestataire actif de la Loi sur les armes à feu depuis plus longtemps que je travaille sur le dossier. Son travail fait en 1988 sur le port d’arme à des fins d’autodéfense fut partiellement payé par le NRA et immédiatement réfuté par d’importants universitaires tel que le Dr David Hemenway, professeur du Harvard School of Public Health lors de son affidavit déposé à la Cour d’Appel de l’Alberta. Mauser a travaillé avec le lobby des armes, témoigné à plusieurs reprises contre la Loi et  déposé un affidavit contre la Loi  sur les armes à feu à la Cour d’Appel de l’Alberta ». Elle ajouta : « Il n’est pas surprenant que M Mauser utilise ces arguments à nouveau. Ce qui est surprenant, c’est que l’Institut Fraser les présente comme des faits nouveaux ».


Communiqué de presse – le 15 mars, 2001 

Les groupes de sécurité publique supportent les efforts visant à rationaliser la Loi sur les armes à feu

Les groupes de sécurité publique ont exprimé leur support initial pour les amendements proposés à la Loi sur les armes à feu, tel qu’annoncé plus tôt aujourd’hui par le Ministère de la Justice. Introduits dans le but de rendre le système moins coûteux, plus efficace et plus convivial, les modifications vont permettre la rationalisation du processus de distribution de permis et d’enregistrement ainsi que la création d’une autorité consolidée chargée de gérer l’application de la Loi.

Wendy Cukier, Présidente de la Coalition pour le contrôle des armes et Professeure des études juridiques à l’Université Ryerson Polytechnic, déclare que: « L’autorité consolidée proposée me semble être une bonne façon de gérer le programme à long terme dans la mesure où la sécurité publique et la responsabilité demeurent les préoccupations principales. Le Ministère de la justice du Canada n’était jamais crée afin de gérer effectivement un programme opérationnel d’une telle magnitude et ayant un tel mandat. En effet, cette solution semble être une bonne façon de réconcilier l’intérêt de maintenir la sécurité publique avec les demandes pour une plus grande efficacité du système.»

Professeur Cukier continue : « Nous sommes impressionnés par le progrès fait à l’égard de la partie de la Loi qui porte sur l’émission de permis - le fait que 2 millions de propriétaires d’armes à feu détiennent maintenant des permis, la plupart depuis les derniers mois de l’année 2000, est un accomplissement remarquable étant donné les obstacles crées par ceux qui s’opposent à la Loi. Maintenant que la majorité des propriétaires d’armes à feu peuvent être identifiés par leurs permis, l’étape d’enregistrement devrait être, dans un certain sens, plus simple. Par contre, la quantité d’armes à feu présentes constitue en elle-même un défi véritable. Nous sommes d’avis que les modifications apportées à la Loi sont nécessaires afin de rencontrer la date d’échéance pour l’enregistrement, fixée au 1er janvier 2003.  De plus, ces amendements proposés répondent aux besoins à long terme du programme qui exige le traitement régulier et efficace des renouvellements de permis.  Il y a quelques concessions mineures qui ont été faites au bénéfice des propriétaires d’armes à feu qui semblent pour la plupart vouloir réduire les conséquences non voulues pour les commerçants et propriétaires d’armes à feu prohibées et faciliter la possibilité pour les propriétaires d’armes à feu de changer les fins pour lesquelles ils détiennent leurs armes.  Nous nous opposons pas complètement à ces concessions, mais nous demeureront vigilants durant tout le processus de comité afin d’assurer que les principes de la Loi ne seront pas atténués davantage. »

Arn Snyder, Officier de police à la retraite et Membre du conseil d’administration de l’Association canadienne de justice criminelle (ACJC), commente : « L’ACJC maintient que nous avons besoin de contrôles efficaces sur la propriété légale d’armes à feu, par les permis et l’enregistrement, afin de réduire l’utilisation illégale des armes à feu.  Avant cette réglementation, il y avait peu de contrôles sur les carabines et les fusils, bien que ces armes sont les plus souvent récupérées à la suite de crimes et les plus souvent utilisées pour tuer au Canada. La Loi sur les armes à feu a une valeur pratique dans la prévention du crime et pour les enquêtes criminelles, et de façon peut-être aussi importante, elle témoigne de nos valeurs canadiennes.  Nous ne pouvons nous permettre d’avoir un système disparate comme aux États-Unis, où les armes à feu partent des états où elles sont peu réglementées vers d’autres états et le Canada.  La nouvelle Loi est compatible avec les standards internationaux sur le contrôle des armes – la plupart des pays industrialisés ont déjà en place des systèmes de permis et d’enregistrement. »

Jan Reimer, Coordonnatrice provinciale du Alberta Council of Women’s Shelters, a déclaré que: « L’Alberta Council of Women’s Shelters supporte la Loi sur le contrôle des armes qui sert comme instrument important dans la prévention de la violence domestique et l’amélioration de l’état de sécurité des femmes et des enfants.  Nous avons déjà vu des preuves convaincantes du bon fonctionnement de la Loi.  Nous voulons donc avoir les assurances de la Ministre qu’en rationalisant le système, la sécurité publique ne sera pas comprise au profit d’une plus grande efficacité. »

Selon Dr. Richard Stanwick, Agent médical régional de la santé, le Département de santé de Victoria, C-B, «La recherche démontre clairement un lien direct entre l’accès aux armes à feu et le nombre de décès causés par les armes à feu. Le Département de santé de Victoria croit que la Loi contribue à la réduction au Canada des taux de blessures et de décès accidentels, de suicides, de crimes violents et d’homicides domestiques. Alors que les amendements proposés devront être révisés en profondeur, notre première impression est qu’ils sont raisonnables et consistants avec les buts d’assurer la sécurité publique et de respecter la Loi. »

Priscilla de Villiers, ancienne présidente, CAVEAT, a déclaré que: «Les enquêtes des coroners ont constamment recommandé que les propriétaires d’armes à feu devraient obtenir des permis et enregistrer leur armes afin d’éviter le plus possible les décès additionnels causés par les armes à feu.  Lorsqu’il existe un risque pour le public ou la sécurité domestique, l’efficacité des corps de police dans la prévention de crimes est grandement renforcée par le fait de pouvoir identifier les propriétaires d’armes à feu. Nous nous sommes battus pour défendre cette Loi jusqu’à la Cour Suprême du Canada et nous allons continuer de défendre les principes sur lesquelles elle repose. Mais nous devons nous rappeler que la loi ne sera efficace que dans la mesure où elle sera effectivement implémentée.   Nous avons été très impressionnés par les efforts visant à améliorer le présent système et nous allons continuer de supporter les efforts qui tentent d’augmenter l’efficacité et le respect de la Loi tout en assurant que le maintien de la sécurité publique demeure toujours l’objectif principal. »


Communiqué de presse, 25 janvier, 2001

Nouvelle étude démontre que la majorité des propriétaires canadiens  d’armes à feu se sont conformés avec la Loi sur les armes à feu

En réponse aux résultats d’une étude récente commissionnée par le Ministère de la justice, Wendy Cukier, Professeure en études juridiques à l’Université Polytechnique Ryerson et Présidente de la Coalition pour le contrôle des armes dit: “Cette étude confirme ce que nous avons suggéré depuis le début—que la majorité des propriétaires sont, en effet, respectueux de la Loi et puisque 2 millions de propriétaires d’armes à feu ont fait une demande pour un permis avant le 1er janvier, 2001, nous pouvons conclure que le programme canadien pour le contrôle des armes à feu est un succès.” L’étude estime qu’il y a 2.46 millions de propriétaires d’armes à feu au Canada. Professeure Cukier remarque: “Ce chiffre est en ligne avec des statistiques antérieures. En 1991, un sondage Angus Reid a estimé qu’il y avait 2.2 millions propriétaires d’armes à feu au Canada et que près d’un quart des foyers canadiens possède une arme.  En 1997, le sondage international pour les victimes de crimes a estimé que 22% des foyers canadiens comportaient au moins une arme à feu.” 

Selon le Dr Ted Miller, le scientifique principal de recherche au Pacific Institute for Research & Evaluation: “Nous savons que le taux de mortalité liée aux armes à feu tend à être associé avec le taux de propriété d’armes aux niveaux régional et international. Le taux de mortalité intentionnelle liée aux armes à feu au Canada de 3.95 pour 100,000 est comparable à d’autres pays, tels que l’Australie (taux de mortalité intentionnelle liée aux armes de 2.94 pour 100,000 et 16% des foyers comportent des armes) et la France (taux de mortalité intentionnelle liée aux armes de 5.48 pour 100,000 et 22.6% des foyers comportent des armes).  Par ailleurs, les États-Unis ont un taux de mortalité intentionnelle liée aux armes à feu de 13.47 pour 100,000 et 41% des foyers américains possèdent des armes à feu.  En comparant ces données au niveau international, le fait que 17% des foyers canadiens possèdent une arme semble être raisonnable.  Si un pourcentage considérablement plus élevé de la population canadienne possédait des armes à feu, le taux de mortalité liée aux armes serait plus élevé.”

 Professeure Cukier conclut: “Le lobby pour les armes a postulé qu’il y avait 9 millions de propriétaires d’armes au Canada.  Cette affirmation ne fait aucun sens lorsque l’on considère qu’il y a seulement 11 millions d’adultes mâles au Canada et que la majorité (87%) des propriétaires d’armes sont des hommes.”


 Communiqué de presse - 1er septembre 2000  

Les groupes de sécurité publique réaffirment leur support 

à la Loi sur les armes à feu

Arn Snyder, officier de police à la retraite et porte-parole de l’Association canadienne de justice criminelle (ACJC), commente : " L’ACJC maintient que nous avons besoin de contrôles efficaces sur la possession légale d’armes à feu, par les permis et l’enregistrement, pour réduire l’utilisation illégale des armes à feu. Avant cette réglementation, il y avait peu de contrôles sur les carabines et les fusils, même si ces armes sont les plus souvent récupérées à la suite d’un crime et les plus souvent utilisées pour tuer au Canada. La Loi sur les armes à feu a une valeur pratique dans la prévention du crime et pour les enquêtes criminelles, mais aussi, de façon peut-être aussi importante, elle témoigne de nos valeurs canadiennes. Nous ne pouvons nous permettre d’avoir un système inégal comme aux États-Unis, où les armes à feu partent des états peu réglementés vers les autres états et le Canada. La nouvelle loi est compatible avec les standards internationaux sur le contrôle des armes – la plupart des pays industrialisés ont déjà en place des systèmes de permis et d’enregistrement. "

Selon Dr. David Swann, agent médical de la santé (Medical Officer of Health), Pallister Health Region – Headwater Health Authority, Alberta, " L’Association canadienne de santé publique (ACSP) insiste, la recherche montre clairement un lien direct entre l’accès aux armes à feu et le nombre de décès par armes à feu. L’ACSP croit que la Loi contribue à la réduction au Canada des taux de blessures et de décès accidentels, de suicides, de crimes violents et d’homicides domestiques. Depuis 1989, plus de 10 000 Canadiens sont morts par balles. Le Canada se situe au cinquième rang en ce qui concerne le taux de décès par armes à feu chez les enfants de 0 à 14 ans. Le suicide par arme à feu est aussi la troisième cause de décès chez les jeunes de 15 à 24 ans. Je crois fermement que la nouvelle loi va améliorer la santé et la sécurité publique en gardant les armes à feu hors de la portée des individus posant un risque. "

Dorothy Leonard, directrice de CAVEAT, ajoute : " Les enquêtes du coroner recommandent régulièrement l’émission de permis pour les propriétaires et l’enregistrement des armes à feu pour que d’autres décès par armes à feu puissent être évités. Là où il y a des risques pour la sécurité publique ou domestique, l’efficacité de la police est grandement améliorée par l’information sur l’identité des propriétaires d’armes à feu. S’opposer à la législation sur le contrôle des armes sur la base des coûts ou des inconvénients revient à ignorer délibérément l’impact dévastateur de la violence sur les victimes. Le contrôle des armes à feu est une partie absolument essentielle de la prévention du crime. "

Wendy Cukier, présidente de la Coalition pour le contrôle des armes, conclut : " La Coalition comprend plus de 350 organisations de sécurité publique à travers le Canada qui appuient cette législation. La Cour suprême du Canada a confirmé que l’émission de permis ne peut être séparée de l’enregistrement : ‘Les clauses concernant les permis obligent chaque propriétaire d’arme à feu à se procurer un permis; les clauses concernant l’enregistrement stipulent que toutes les armes à feu doivent être enregistrées. Ces portions de la Loi sur les armes à feu sont toutes les deux étroitement liées à l’objectif du Parlement de promouvoir la sécurité par la réduction des mauvais usages de n’importe laquelle et de toutes les armes à feu. Les deux portions sont partie intégrante et nécessaires à l’opération du système.’ Rien ne satisfera les opposants extrêmes à la Loi, mais la plupart des propriétaires d’armes à feu sont respectueux des lois et s’y conformeront. Malgré un certain nombre de défis envers son implantation, nous avons vu des améliorations importantes au cours des récents mois et nous pouvons déjà constater les effets de la nouvelle loi. "

Vérifications améliorées : Tous les propriétaires d’armes à feu font l’objet d’une vérification pour obtenir un permis, renouvelable aux 5 ans. Auparavant, seulement le tiers des propriétaires possédaient une Autorisation d’acquisition d’armes à feu, puisque ce permis n’était requis que pour l’achat d’une arme à feu, non pour la possession. Plus de 700 000 propriétaires ont appliqué pour le permis (date limite : la fin de l’année). Au moins 857 nouvelles applications ont été refusées et 1 149 permis ont été révoqués à cause des risques.

Enquêtes : Pour s’assurer que les personnes dangereuses n’aient pas accès aux armes, les permis et l’enregistrement ont été recommandés par 7 enquêtes : les meurtres de Nina de Villiers et Karen Marquis, le meurtre de Brian Smith, les meurtres des enfants Kassonde, le massacre des Vernon, le meurtre de Arlene May, les meurtres de OC Transpo.

Aide aux enquêtes policières : Les armes à feu les plus souvent retrouvées sur les lieux d’un crime sont les carabines et les fusils. L’enregistrement aide les enquêtes criminelles en permettant à la police de retracer le propriétaire original d’une arme. Cette mesure aide aussi la police à prouver la possession légale et à poursuivre lors de vols d’armes et de possession illégale.

Des bases de données intégrées : Elles fournissent un accès à l’information pour prendre des mesures préventives. Quand un crime violent est signalé, le système consulte la base de données pour trouver le propriétaire de permis et alerte les autorités. À la différence des anciens systèmes provinciaux, le nouveau système centralisé fournit à la police de l’information en temps réel.

La police accède au système en moyenne 1600 fois par jour.

Exécution des ordonnances d’interdiction : En 1997, 14 709 ordonnances d’interdiction ont été émises pour des personnes considérées comme posant un risque pour elles-mêmes ou pour la sécurité publique. Les permis et l’enregistrement fournissent l’information nécessaire pour faire respecter ces ordonnances.

Aider à freiner le commerce illégal des armes à feu

Avec l’ancien système, un individu pouvait acheter autant d’armes qu’il voulait sur une période de cinq ans, avec peu ou pas de responsabilités. Les permis et l’enregistrement combinés aideront à réduire les chances que les armes légales soient vendues ou données aux individus sans permis puisqu’il sera possible de retracer le propriétaire original d’une arme à feu. En mai 2000, le système a joué un rôle dans l’interception de ce qui est considéré comme l’un des plus importants réseaux de trafic d’armes à feu au pays et a mené à la confiscation de plus de 23 000 armes à feu. En 1998 seulement, 5832 armes à feu ont été signalées perdues ou volées, par définition tombées entre de mauvaises mains. Grâce à l’information sur qui possède quelles armes, les règlements sur l’entreposage sécuritaire sont plus faciles à faire respecter. Avec l’enregistrement, les propriétaires sont tenus responsables de leurs armes, ce qui les encourage à se conformer à l’entreposage sécuritaire et aide à réduire les décès par armes à feu.

 


Communiqué de presse - le 10 août 2000

Les " journées de chasse pour les jeunes " mettront les enfants en danger : les experts en santé et en prévention des blessures s’opposent à la proposition du gouvernement fédéral

Association pour la santé publique du Québec, Montréal, 10 août 2000 – Soutenue par les experts en santé publique et en sécurité des enfants, l’Association pour la santé publique du Québec a rendue publique une lettre au Premier Ministre Jean Chrétien et au Premier Ministre Lucien Bouchard, dans laquelle l’Association affirme son opposition à la proposition de jours de chasse pour les jeunes de 12 à 18 ans. Les experts en prévention des blessures maintiennent que les " Journées de la relève ", proposées par le ministre fédéral de l’Environnement, David Anderson, dans le but de promouvoir la chasse, mettront les enfants et les jeunes en situation de risque.

Rapportant le contenu de la lettre ouverte, le président de l’Association pour la santé publique du Québec, Dr Renald Bujold, affirme : " L’Association pour la santé publique du Québec s’oppose aux changements proposés qui visent à élargir le marché de la chasse en ciblant les enfants et les jeunes. La chasse peut apporter des retombées économiques, mais ces retombées doivent être comparées aux coûts des conséquences des mauvaises utilisations des armes à feu, qui sont estimés à plus de 6 milliards par année. Nous croyons qu’en facilitant l’exposition aux armes à feu, ces règlements vont augmenter les risques de suicides, d’homicides, d’accidents et de blessures par armes à feu chez les enfants et les jeunes. Alors qu’Environnement Canada affirme que son objectif est la sécurité, l’évidence montre que l’entraînement n’a aucun effet sur la prévention des mauvais usages intentionnels des armes, et qu’il peut en fait augmenter le risque de blessures. "

Le Dr Barry Pless, professeur de pédiatrie, d’épidémiologie et de biostatistiques à l’Université McGill, soutient que " le Canada se situe au cinquième rang des pays industrialisés en ce qui concerne les taux d’enfants de moins de 14 ans tués pas armes à feu, juste derrière Israël et l’Irlande du Nord. Peu importe l’existence d’autres facteurs, le Canada ne doit rien faire qui pourrait empirer cette embarrassante et tragique situation. Cette proposition de réglementation est dangereuse parce qu’elle ne permettra pas seulement aux enfants et aux jeunes adultes d’avoir un plus grand accès aux armes à feu, en fait, elle les y encouragera. Mieux vaut le répéter : il est clair que plus il y a d’armes entre les mains des jeunes, plus il y aura de décès, incluant les décès purement non intentionnels. Je suis certain que le public s’opposerait à cette législation s’il avait accès à tous les faits ".

Selon le Dr Miriam Kaufman, " Parce que les blessures par armes à feu sont une cause majeure de décès chez les adolescents de sexe masculin, l’Association canadienne pour la santé des adolescents et la Société canadienne de pédiatrie (SCP) croient que le gouvernement fédéral ne devrait pas promouvoir l’utilisation des armes à feu chez les adolescents d’un aussi jeune âge que 12 ans. Ce type d’activité expose les adolescents aux risques directs de blessures par balles alors qu’ils chassent, mais augmente aussi leur niveau d’aisance avec les armes à feu, ce qui ajoute au risque d’utilisations impulsives et inappropriées de ces armes à d’autres moments, c’est-à-dire les homicides et suicides par armes à feu ".

La présidente de la Coalition pour le contrôle des armes et professeure en études judiciaires à l’Université Ryerson, Wendy Cukier, note : " Nous avons passé plus de 10 ans à travailler à réduire les décès et blessures par armes à feu, particulièrement chez les enfants. Nous avons vu des preuves encourageantes montrant que des contrôles plus stricts sur les armes à feu fonctionnent. Nous avons réussi en 1991 à ramener à 18 ans l’âge minimal pour une Autorisation d’acquisition d’armes à feu, mais nous avons aussi reconnu le besoin de rendre possible la chasse par des mineurs dans certaines situations. Soyons clairs. Nous ne nous opposons pas à la chasse., mais ce programme est explicitement destiné aux enfants aussi jeunes que 12 ans. Nous croyons que si le ministère de l’Environnement veut accomplir ses ‘objectifs de gestion de la nature et de développement économique par la promotion de la chasse, il devrait le faire avec les adultes. "


Communiqué de presse, le 3 août 2000

Les experts en sécurité juvénile et les défenseurs du contrôle des armes s’opposent aux " Jours de chasse pour les jeunes "

Le ministère fédéral de l’Environnement a proposé des amendements au Règlement sur les oiseaux migrateurs, qui permettraient l’établissement des Journées de la relève - Waterfowler Heritage Days, projet destiné à promouvoir la chasse chez les enfants et les jeunes de moins de 18 ans.Les experts en sécurité juvénile et les défenseurs du contrôle des armes s’opposent à cette proposition, devant l’évidence que l’augmentation de l’accès aux armes à feu constitue un risque pour les jeunes. Il ne fait aucun doute que ces Journées de la relève du ministère de l’Environnement sont conçus pour encourager les enfants et les jeunes à chasser avec des armes à feu, étant donné la valeur économique significative de la chasse au Canada.

Les experts en prévention des blessures maintiennent que de tels programmes mettent les jeunes en danger. Selon le docteur Katherine Leonard, " Parce que les blessures par armes à feu sont une cause majeure de décès chez les adolescents de sexe masculin, l’Association canadienne pour la santé des adolescents et la Société canadienne de pédiatrie croit que le gouvernement fédéral ne devrait pas promouvoir l’utilisation des armes à feu chez les adolescents d’un aussi jeune âge que 12 ans. Ce type d’activité expose les adolescents aux risques directs de blessures par balles alors qu’ils chassent, mais augmente aussi leur niveau d’aisance avec les armes à feu, ce qui ajoute au risque d’utilisations impulsives et inappropriées de ces armes à d’autres moments, c’est-à-dire les homicides et suicides par armes à feu ".

La présidente de la Coalition pour le contrôle des armes et professeure en études judiciaires à l’Université Ryerson, Wendy Cukier, note que " le Canada se situe au cinquième rang des pays industrialisés en ce qui concerne les taux de décès par armes à feu chez les enfants de moins de 14 ans, après les États-Unis, la Finlande, Israël et l’Irlande du Nord. Les armes à feu sont la troisième cause de décès chez les Canadiens de 15 à 24 ans. Nous devrions faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire ces décès et blessures. La sécurité publique devrait être une priorité ".

Penny Bain, directrice du BC Institute Against Family Violence (Institut de Colombie-Britannique contre la violence familiale), affirme que " plus les armes sont faciles à obtenir, plus il y en a qui se retrouvent entre de mauvaises mains et plus le nombre d’enfants blessés et tués augmente. Il s’agit d’une équation simple : accès plus facile aux armes à feu égale plus de décès d’enfants. La recherche suggère que cette proposition mettrait les jeunes Canadiens en danger ".

Wendy Cukier insiste : " Soyons clairs. Nous ne nous opposons pas à la chasse. Nous ne nous opposons pas aux permis pour mineurs, qui PERMETTENT l’accès aux armes à feu par les jeunes dans certaines situations, mais ce programme est explicitement destiné à PROMOUVOIR l’accès aux armes par les jeunes. Ceci est extrêmement peu judicieux et nous croyons que le programme mettra les jeunes en danger. S’ils veulent accomplir leurs " objectifs de gestion de la nature et de développement économique ", qu’ils le fassent avec les adultes. "


Communiqué de presse,  le 14 juin 2000

Les défenseurs de la sécurité publique se réjouissent de la décision de la Cour Suprême qui maintient la Loi sur les armes à feu

Dans une décision unanime, la Cour Suprême du Canada a confirmé aujourd’hui la constitutionnalité de la Loi sur les armes à feu.

D’après Wendy Cukier, professeur d’études judiciaires à l’Université polytechnique Ryerson et présidente de la Coalition pour le contrôle des armes, « il s’agit non seulement d’une victoire pour le gouvernement du Canada, mais aussi pour la population du Canada ». Cukier enchaînait : « Je ne suis pas avocate, mais les arguments de l’Alberta pesaient très peu à côté des faits et du bon sens. Ils ont maintenu qu’ils trouvaient correct que le gouvernement fédéral émette des permis aux propriétaires d’armes de poing et qu’il enregistre toutes les armes de poing comme il le fait depuis 1930, puisque ces armes sont dangereuses. Mais ils ont avancé que les carabines et les fusils, ou "armes à feu ordinaires", ne sont pas dangereuses – elles sont de la propriété privée et relèvent donc du gouvernement provincial. Puisque ces armes sont les plus souvent retrouvées sur les lieux d’un crime et qu’elles sont les plus souvent utilisées pour tuer au Canada, cet argument n’a aucun sens. » Wendy Cukier concluait : « Que les propriétaires d’armes à feu aiment la loi ou non, c’est la loi. Nous espérons que cette décision aidera le gouvernement dans ses efforts pour implanter la loi, et que ceci enverra un message clair aux provinces : elles devraient arrêter de gaspiller l’argent des contribuables en livrant les batailles du lobby des armes et plutôt se concentrer sur la sécurité publique. »

« Nous sommes très soulagés. Cette loi est un outil important dans notre combat contre le crime. L’émission de permis pour les propriétaires ainsi que l’enregistrement des armes à feu sont des mesures essentielles pour garder les armes à feu hors de la portée des individus posant un risque pour la sécurité publique. Dans plusieurs communautés, incluant la mienne, alors que les armes de poing sont un problème, les carabines et les fusils sont les armes les plus souvent récupérées sur les lieux d’un crime. L’information sur ces armes et leur propriétaire est cruciale pour la prévention du crime et les enquêtes policières. Le système de permis et d’enregistrement aide à responsabiliser les propriétaires d’armes à feu et permettra de limiter le commerce illégal d’armes à feu ainsi que de réduire les vols d’armes en permettant à la police de retracer leur propriétaire initial », commentait le chef de police d’Ottawa-Carleton, Vince Bevan, au nom de l’Association canadienne des chefs de police (CACP).

« La CACP appuie cette loi depuis plus de dix ans. Ces mesures sont nécessaires pour réduire les chances que ces armes se retrouvent entre de mauvaises mains. Nous reconnaissons les besoins légitimes des fermiers, des chasseurs et des tireurs sportifs, mais nous devons tenir compte de l’importance de la sécurité publique. Les propriétaires d’armes responsables n’ont rien à craindre de cette loi. »

M. Bevan ajoutait que « trois enquêtes différentes dans notre communauté ont recommandé le système de permis et d’enregistrement. Il est difficile de mesurer l’effet de la prévention, mais nous connaissons très bien les résultats lorsque des armes à feu se retrouvent entre les mauvaises mains. Aucune loi n’offre de garantie, mais celle-ci va certainement être très utile ». M. Bevan concluait : « La grande majorité des propriétaires d’armes sont des citoyens responsables. Maintenant que la Cour Suprême s’est prononcée, nous voulons y aller de l’avant avec l’implantation. Je sais que je parle pour les chefs de police à travers le pays en invitant les propriétaires d’armes à feu raisonnables à travers le pays à s’acquitter de leurs obligations légales d’obtenir un permis de possession avant la fin de l’année et de faire enregistrer leurs armes à feu d’ici 2003 ».

« La Société canadienne de pédiatrie et l’Association canadienne pour la santé des adolescents se félicitent de la décision de la Cour Suprême, commente de docteur Katherine Leonard. Les blessures par arme à feu sont une cause importante et évitable de mortalité et de blessures chez la jeunesse canadienne. Les suicides par arme à feu en particulier sont une des causes principales de mortalité chez les adolescents de sexe masculin. Les enfants et les adolescents sont particulièrement vulnérables aux blessures et décès par arme à feu étant donné leurs caractéristiques de croissance. Nous savons, à partir de recherches médicales et en santé publique, que le contrôle des armes sauve des vies. Nous considérons l’implantation de la Loi sur les armes à feu comme une initiative majeure en santé publique pour la jeunesse. »

« Alors que le gouvernement de l’Alberta a perdu, les citoyens de l’Alberta ont gagné, affirme Arlene Chapman, porte-parole au Alberta Council of Women’s Shelters. Ce jugement va améliorer la sécurité des femmes et des enfants de l’Alberta et de l’ensemble du pays. Dès le départ, nous avons affirmé que ce renvoi constitutionnel de la Loi, initié par notre gouvernement provincial et le lobby des armes, se préoccupait plus de politique que de sécurité publique. Les gens de nos abris, qui travaillent directement avec les femmes, constatent chaque jour les effets dévastateurs des armes à feu dans le contexte de la violence à domicile. La plupart des armes à feu impliquées sont des armes "ordinaires", c’est-à-dire des carabines et des fusils. Les critiques de la loi affirment être "durs avec le crime", mais ils ne semblent pas inclure la violence domestique dans leur définition du crime. Il est ironique que l’Alberta soit la province instigatrice du renvoi constitutionnel contre la Loi, étant donné notre taux de décès et de blessures par arme à feu qui est un des plus élevés au Canada. Le portrait est encore pire en ce qui concerne les enfants tués par les armes à feu : notre taux est le double de la moyenne canadienne. »

Au nom de l’Association de la santé publique du Québec, le docteur Françoise Bouchard a ajouté : « Les armes à feu sont une menace sérieuse à la santé publique et sont une cause principale évitable de morts et de blessures. Cette loi nous aidera à maintenir les armes à feu loin des individus qui présentent un risque pour eux-mêmes ainsi que pour les autres. Elle encouragera les propriétaires d’armes à feu à se comporter de façon plus responsable. Nous savons par notre expérience avec la législation sur les ceintures de sécurité que les lois qui sont contestées à priori peuvent devenir par la suite la norme. Avec cette décision derrière nous, nous espérons maintenant pouvoir concentrer nos efforts sur l’implantation. Exiger des vérifications chez les propriétaires d’armes ainsi que des informations sur les armes à feu qu’ils possèdent sont des mesures raisonnables étant donné les risques associés aux armes à feu. »

Parlant au nom de la Fondation des victimes du 6 décembre, Serge St-Arneault, dont la soeur Annie St-Arneault était une des 14 femmes tuées le 6 décembre 1989 à l’École Polytechnique, disait : « Plusieurs personnes connaissent les statistiques renversantes sur la violence par arme à feu, mais peu d’entre elles peuvent vraiment comprendre les vrais coûts de l’accès facile aux armes à feu, à moins qu’elles n’aient été personnellement touchées par ce drame. Grâce à cette loi, nous n’aurons pas souffert pour rien, car elle aidera à éviter des morts inutiles. Cette loi est un monument aux victimes de la violence par arme à feu et nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour la défendre et pour nous assurer que les leçons du passé ne sont pas oubliées. »


Communiqué de presse,  le 11 mai 2000

La Coalition pour le contrôle des armes appuie la Million Mom March

Le 14 mai, un groupe de mères, grand-mères, belles-mères, marraines, mères adoptives et sympathisants(es) marcheront à Washington D.C. et dans d’autres villes des États-Unis pour revendiquer des lois plus strictes sur le contrôle des armes. "Il était temps!", a commenté Wendy Cukier, présidente de la Coalition pour le contrôle des armes. "La violence par armes à feu aux États-Unis est une épidémie - plus de 32 000 morts chaque année, dont une bonne partie des enfants. Peu importe la sévérité des lois canadiennes, le manque de lois aux États-Unis alimente le marché illégal canadien."

L’événement, auquel se joindront les célébrités Rosie O’Donnell et Bette Midler, est le fruit du travail de Donna Dees-Thomases, une consultante en relations publiques à CBS Entertainment, ancienne assistante secrétaire de presse pour le sénateur américain Russell Long, mère de deux enfants et belle-mère de trois. "La Million Mom March qui aura lieu à l’occasion de la fête des mères à pour mission d’éduquer nos enfants et notre pays quant aux dangers des armes à feu". Les demandes spécifiques comprennent:

-Période d’attente significative pour l’obtention de permis et vérification d’antécédents

-Rendre obligatoires les permis pour propriétaires d’armes de poing et enregistrer toutes les armes de poing

-Des dispositifs de sécurité sur toutes les armes de poing

-Une limite d’achat fixée à une arme de poing par mois

-Un renforcement strict de la loi sur les armes à feu

-Du recrutement pour de l’aide du secteur corporatif

Selon Wendy Cukier, "leurs demandes pour un contrôle d’armes modéré ressemblent à ce qui est déjà en place au Canada depuis plusieurs années. Nous avons enregistré les armes de poing et émis des permis de possession pour ces armes depuis les années 1930, et nous avons des règles d’entreposage et une période d’attente de 28 jours depuis 1991 avec des bénéfices évidents. Les propositions rapprocheraient les États-Unis du reste du monde, au moins en ce qui concerne les armes de poing. Il y aurait aussi des bénéfices pour les Canadiens et pour les autres personnes qui ont souffert des conséquences du manque de lois aux États-Unis."

Plus de 13 000 meurtres par armes à feu ont lieu aux États-Unis chaque année, alors qu’il y en a moins de 200 au Canada. L’an passé, Toronto, une ville de 3,2 millions d’habitants, a connu un total de 17 meurtres par armes à feu. Le taux de meurtres par armes de poing est 15 fois plus élevé aux États-Unis (voir la table de comparaisons Canada-États-Unis). Alors qu’au Canada les armes à feu les plus souvent retrouvées sur les lieux d’un crime sont les fusils et les carabines, plus de la moitié des armes de poing saisies sur les lieux de crime sont entrées en contrebande des États-Unis. La plupart des armes à feu utilisées illégalement aux États-Unis sont déviées du commerce légal vers les marchés illégaux par des acheteur désespérés, des fournisseurs malhonnêtes, des salons de vente d’armes à feu usagées, etc. et c’est ce mécanisme qui fournit le trafic international des armes à feu.

"Nous espérons que la Million Mom March sera un point tournant et enverra le message aux politiciens que les Américains, particulièrement les Américaines, en ont assez de la violence par armes à feu. Ils veulent un changement. Tout comme la plupart des Canadiens, la plupart des Américains appuient une réglementation raisonnable des armes à feu", affirme Wendy Cukier. Les sondages démontrent que la plupart des Américains appuient des contrôles plus stricts incluant l’enregistrement de toutes les armes à feu, mais tous les efforts pour apporter des changements, tels qu’une loi qui empêcherait un individu d’acheter plus d’une arme par mois, ont été combattus par la puissante NRA (National Rifle Association). Selon Wendy Cukier, "la NRA a paralysé le processus démocratique aux États-Unis au sujet des armes à feu et nous nous inquiétons de leur influence grandissante au Canada".

Plusieurs Canadiens appuient la Million Mom March, dont madame Thérèse Daviau de la Fondation des victimes du 6 décembre contre la violence. "Ayant perdu ma fille à cause de la violence par armes à feu, je suis de tout coeur avec les victimes et leurs proches de cette violence aux États-Unis. Une si grande démonstration d’appui est encourageante; le lobby des armes est puissant, mais il peut être battu. Au Canada, les femmes ont été une grande force pour faire agir le gouvernement. Elles ont aidé à faire comprendre les coûts de la violence." La fille de madame Daviau, Geneviève Bergeron, est une des 14 victimes de la tuerie de l’École Polytechnique, qui a eu lieu le 6 décembre 1989. Madame Daviau ainsi que d’autres amis et membres des familles des victimes ont joué un rôle important dans l’implantation du contrôle des armes au Canada au cours de la dernière décennie.

La Million Mom March pourrait être la plus importante démonstration d’appui au contrôle des armes de l’histoire américaine. Les signes aux États-Unis montrent qu’il y a plus d’espoir que jamais. "Il s’agit d’une excellente nouvelle pour les Canadiens", a conclu Thérèse Daviau.

Robert Cushman, Médecin Hygiéniste pour la municipalité régionale d'Ottawa-Carleton, renchérit: «Si je témoigne encore une fois aujourd'hui pour ce que j'espère être la dernière fois

- c'est pour souligner que les règlements déposés aujourd'hui sont les bienvenus. Nous en avons besoin, et nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre plus longtemps. Le contrôle des armes ne résoud pas tous les problèmes, mais comme nous l'avons dit bien des fois, l'enregistrement des armes est essentiel pour faire respecter les normes d'entreposage sécuritaire et pour éviter bien des morts et des blessures, particulièrement chez les enfants. Parmi les pays industrialisés, le Canada est présentement en cinquième position pour le taux de mortalité due aux armes chez les enfants de O à 14 ans, et la plupart de ces décès sont causés par des fusils et des carabines. C'est seulement aux Etats-Unis, en Finlande, en lsraël et en Irlande du Nord que les taux sont plus élevés. »

Robert McNamara, vice-président de Victims of Violence, conclut: «Bien que nous soyons douloureusement conscients des dommages que causent les armes dans nos communautés, nous allons sûrement encore entendre des gens se plaindre des coûts liés à l'enregistrement. Nous devons donc continuer à rappeler aux gens ce que coûte la violence due aux armes. La sécurité publique doit ici avoir la priorité. »

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