COALITION pour le contrôle des armes/ for Gun Control

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Questions fréquemment posées sur le contrôle des armes à feu et la Loi sur les armes à feu


1. La Loi sur les armes à feu

Q- Pourquoi cette loi est-elle nécessaire?

R-  

  • L'information est la pierre angulaire du contrôle. L'information sur les propriétaires d'armes à feu et sur les types d'armes à feu qu'ils possèdent constitue un moyen supplémentaire de faciliter la prévention de la criminalité, les enquêtes et les poursuites criminelles. Les propriétaires d'armes à feu ont eu jusqu'au 1er janvier 2001 pour obtenir un permis (renouvelable tous les cinq ans) et ont jusqu'au 1er janvier 2003 pour enregistrer leurs armes à feu (une seule fois). La délivrance de permis fournira des renseignements sur les propriétaires d'armes à feu, alors que l'enregistrement permettra d'obtenir des renseignements sur les armes qu'ils possèdent. Ce régime est comparable à celui qui régit la délivrance de permis de conduire et l'immatriculation des automobiles. Cliquez ici pour un résumé complet des lois récentes et anciennes.   

Q- Comment la nouvelle loi aidera-t-elle à lutter contre la criminalité?

R-

  • Vérification efficace des demandeurs - En vertu de la nouvelle loi, tous les propriétaires d'armes à feu devront obtenir un permis et feront l'objet d'une vérification minutieuse. Les permis doivent être renouvelés tous les cinq ans. Sous l'ancien régime, les 2/3 des propriétaires d'armes à feu n'étaient pas titulaires d'une AAAF (autorisation d'acquisition d'armes à feu) valide, parce qu'en vertu de l'ancienne loi, une AAAF n'était requise que pour acquérir une arme à feu et non pour en posséder une.

  • Exécution des ordonnances d'interdiction - Le nombre d'ordonnances d'interdiction délivrées relativement à des personnes jugées dangereuses pour elles-mêmes ou pour la sécurité publique s'élèvent en moyenne à 17 500 par année au Canada. La délivrance de permis et l'enregistrement fourniront les renseignements nécessaires à l'exécution de ces ordonnances.

  • Mesures préventives - On a recommandé la délivrance de permis et l'enregistrement à maintes reprises, à l'issue d'enquêtes publiques, comme moyen d'empêcher les personnes dangereuses d'avoir accès à des armes à feu. (Notons les enquêtes de: Jonathan Yeo qui a tué Nina de Villiers et Karen Marquis avant de se suicider, le meurtre de Brian Smith, le meurtre des enfants Kassonde, le massacre de Vernon et le meurtre d'Arlene May). Des bases de données entièrement intégrées et un système informatique central permettront l'accès aux renseignements par l'entremise du CIPC pour la prise de mesures préventives (à savoir l'enlèvement des armes à feu dans les cas de violence familiale). Lorsqu'un nouvel incident violent est enregistré localement, le système effectue une recherche dans la base de données pour repérer le titulaire d'un permis et le signale au contrôleur des armes à feu. Contrairement à l'ancien système provincial indépendant, le nouveau système intégré d'information national permettra aux policiers d'avoir accès aux renseignements de façon continue, en temps réel. Cela les aidera à enlever leurs armes à feu aux personnes qui présentent un risque pour elles-mêmes ou pour autrui.

  • Lutte contre le commerce illégal des armes à feu - Sous l'ancien régime, un particulier pouvait acheter autant d'armes à feu qu'il le désirait pendant une période de cinq ans, sans avoir à rendre de comptes, ou bien peu, car seuls les armes de poing et les armes à autorisation restreinte devaient être enregistrées. Ces failles ont créé d'énormes possibilités de commerce illégal. Combinés, l'enregistrement et la délivrance de permis faciliteront l'application des dispositions interdisant la vente d'armes à feu à quiconque n'est pas titulaire d'un permis, car il sera possible d'en retracer le propriétaire. Des résultats impressionnants ont déjà été constatés. En mai 2000, la base de données a joué un rôle central dans la découverte de ce qui pourrait être le réseau de fraude le plus large et le plus sophistiqué de l'Amérique du nord. Près de 23 000 armes à feu et leurs composantes, probablement destinées au marché noir, ont été saisies.

  • Réduction des vols d'armes à feu - En 1998 seulement, 5 837 armes à feu ont été déclarées volées, perdues ou manquantes, ce qui signifie qu'elles se sont retrouvées entre de mauvaises mains. Sans information sur les propriétaires d'armes à feu, il est très difficile d'assurer le respect de la réglementation relative à l'entreposage sécuritaire. Avec l'enregistrement, les propriétaires d'armes à feu seront responsables de leurs armes, ce qui les incitera à se conformer aux règles concernant l'entreposage sécuritaire.

  • Amélioration de la sécurité des agents - Les agents de police doivent toujours tenir pour acquise la présence d'une arme à feu lorsqu'ils répondent à un appel, mais ils seront dans une meilleure position s'ils ont plus de renseignements. Nous savons qu'entre 1961 et 1997, 112 agents de police ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions et qu'ils ont tous, sauf cinq, été tués par balle.

  • Obtention de renseignements cruciaux pour les enquêtes policières - Les armes à feu les plus souvent récupérées à la suite d'un crime sont des carabines et des fusils de chasse. Cliquer ici pour plus d'informations. L'enregistrement sera utile aux enquêtes criminelles car il permettra de retracer le propriétaire original des armes à feu. Il permettra aussi aux policiers de prouver à qui appartient légalement une arme à feu, ce qui les aidera dans les poursuites relatives au vol et à la possession illégale d'armes à feu.

Q- Pourquoi ne pas se contenter de punir les criminels qui utilisent des armes à feu?

R- 

  • La loi prévoit déjà l'imposition obligatoire d'une peine minimale de quatre ans pour dix infractions précises (des crimes violents) : négligence criminelle entraînant la mort, homicide involontaire coupable, tentative de meurtre, fait de causer intentionnellement des lésions corporelles, agression sexuelle armée, agression sexuelle grave, enlèvement, prise d'otage, vol qualifié et extorsion. 

  • Ces mesures législatives établissent un équilibre entre la prévention et la dissuasion. La seule imposition d'une peine minimale ne suffit tout simplement pas parce qu'elle intervient après le crime. Il est essentiel de mettre aussi l'accent sur la prévention.


2. Le nouveau système fonctionne

Q- Les actes de violence impliquant un arme à feu diminuent; alors pourquoi ces mesures sont-elles nécessaires?

R-

  • Un contrôle plus sévère des armes à feu entraîne une diminution des actes de violence impliquant une arme à feu. Depuis 1989, les décès par balle ont diminué, passant de   1 367 à 1 037 en 1997, le taux le plus bas en 28 ans. Ce nombre est également plus bas que la moyenne de 200 par année durant les années 1990. Cliquer ici pour plus d'informations sur le mauvais usage des armes à feu. Le professeur de criminologie Neil Boyd, de l'Université Simon Fraser, conclut que l'efficacité des mesures législatives de contrôle des armes à feu est davantage prouvée que celle de toute autre forme de législation, pour ce qui est de la réduction des décès et des blessures. Mais il est toujours possible de faire mieux. On constate une réduction notable des décès attribuables aux véhicules automobiles depuis le début des années 1970, mais on n'a pas abandonné pour autant les efforts visant à rendre les routes plus sûres.

Q- En quoi le nouveau système contribue-t-il à la sécurité du public?

R- 

  • Il est toujours difficile d'évaluer des mesures préventives, mais depuis la mise sur pied du programme, le 1er décembre 1998 et jusqu'en octobre 2001, plus de 4 000 permis ont été refusés ou révoqués dans les cas où les individus ne satisfaisaient pas aux critères d'admissibilité. Ce montant est 32 fois plus élevé que le total des révocations survenues au cours des cinq années précédentes et ce, en grande partie, grâce aux renseignements plus précis et plus accessibles fournis par le nouveau système.

Le Registre canadien des armes à feu en direct contient maintenant des données sur plus de 2 millions de propriétaires d'armes à feu et sur 2 millions d'armes à feu. Les policiers consultent déjà le système 2 600 fois par jour en moyenne.

On peut donner plusieurs exemples de l'amélioration de la sécurité du public depuis la mise sur pied du nouveau système :

  • En mai 2000, la base de données a joué un rôle central dans la découverte de ce qui pourrait être le réseau de fraude le plus large et le plus sophistiqué de l'Amérique du nord. Près de 23 000 armes à feu et leurs composantes, probablement destinées au marché noir, ont été saisies.

  • En février 2000, en Alberta, un individu est allé en cour suite au refus du Contrôleur des armes à feu de lui émettre un permis d'achat et de possession d'armes. Le principal motif de ce refus était l'opinion d'un psychiatre selon laquelle l'individu ne devrait pas posséder d'armes à feu. Autres motifs : le formulaire d'application de l'individu était rempli de contradictions et il avait des antécédents de condamnations criminelles. La décision du Contrôleur des armes à feu a été confirmée par le juge.

  • En janvier 2000, la police a retrouvé une arme qui avait été volée d'une résidence de Terre-Neuve, il y a 15 ans. L'arme a été localisée au Québec lors d'un changement de propriétaires qui était inscrit dans la base de données. Elle a été remise à son propriétaire d'origine.

  • En janvier 2000, à Terre-Neuve, le Contrôleur des armes à pris connaissance d'une série d'annonces classées pour la vente d' armes à feu. Après une enquête policière, un individu a été accusé de transférer des armes à feu sans autorisation. L'individu a plaidé coupable et a reçu une amende.

  • Début 2000, un individu en Colombie-Britannique a vu son permis révoqué parce qu'il avait des antécédents d'agressions sexuelles. L'individu a décidé de porter la décision en appel, mais le juge a confirmé la décision du Contrôleur des armes à feu de révoquer le permis.

  • Encore au début 2000, un individu en Colombie-Britannique a vu son permis révoqué pour des délits de conduite en état d'ébriété. Une fois de plus, la révocation a été portée en appel et le juge a maintenu la décision en invoquant le comportement irresponsable de l'individu.

  • En août 1999, un juge de l'Alberta a confirmé la décision d'un Contrôleur des armes à feu de refuser un permis à un candidat attendant son procès pour des délits reliés à la drogue sur la base de dangers potentiels pour la sécurité publique.

  • En août 1999, en Nouvelle-Écosse, une femme a téléphoné à la ligne de notification pour les conjoints/es car elle était concernée par le fait que son mari était pour indiquer sur le formulaire qu'il n'était pas marié car elle avait refusé préalablement de donner son consentement. Elle était inquiète pour sa sécurité et pour celle de ses enfants. Par la suite, elle a porté plainte à la police afin de générer une référence dans la nouvelle base de données appelée Personne d’intérêt relatif aux armes à feu (PIAF), (un fichier de référence qui indique qu’un particulier a récemment participé à un acte de violence ou a des antécédents de maladie mentale et qui mentionne toute autre information relative à la demande de permis d’armes à feu). Ainsi, si le mari essaie d'obtenir un permis dans le futur, une enquête sera automatiquement déclenchée.

  • En avril 1999, au Québec, la base de données PIAF a jumelé plusieurs cas de violence familiale à des « titulaires de permis valides ». Leurs permis ont été révoqués. 

  • En février 1999, à Nelson, en Colombie-Britannique, un titulaire d'une AAAF (ancien permis) valide a tenté d’acheter plusieurs armes à feu en deux semaines. La vérification des antécédents a révélé de nombreuses condamnations antérieures et plusieurs incidents d’activités criminelles et violentes récentes. Le permis a été suspendu en attente d’une enquête approfondie. Les ventes ont été refusées. Par la suite, la personne a tenté à deux autres reprises d'acheter une arme à feu, jusqu'à ce que son permis soit révoqué et ses armes à feu soient saisies. 

  • En janvier 1999, à Red Deer, en Alberta, le nouveau registre a démasqué un employé d'une compagnie de véhicules blindés qui falsifiait depuis trois ans son permis et son autorisation de port d’arme. Les responsables ont signalé l'incident et une enquête a été ouverte. 
        

Q- Qu'en est-il des affirmations selon lesquelles le système serait inefficace?

R-  

Des problèmes liés au démarrage du système sont survenus, mais il y a eu d'importantes améliorations de la performance dans les derniers mois. En date du mois d'octobre 2001:

  • Depuis le 1er janvier 2001, plus de 2 millions de propriétaires d'armes à feu ont appliqué pour des permis et près de 2 millions d'armes à feu sont connues des policiers. Toutes les armes à feu doivent être enregistrées en date du 1 janvier 2003.

  • Depuis le 1er décembre 1998, la ligne de notification pour les conjoints/es a reçu plus de 26 000 appels. C'est la preuve qu'il s'agit d'un excellent outil pour les conjoints/es (ou autres) du demandeur qui désirent partager leurs inquiétudes sur la sécurité publique.


3. Les plaintes des propriétaires d'armes à feu

Q-  Pourquoi pénaliser les propriétaires d'armes à feu en milieu rural pour régler les problèmes des grandes villes?

R-  

  • La législation tient compte des besoins légitimes des agriculteurs, des chasseurs et des tireurs sportifs. La nouvelle loi, selon la juge en chef de l'Alberta, Catherine Fraser, est pour [TRADUCTION]  « assurer la protection du public contre un mauvais usage des armes à feu ordinaires. Le moyen choisi pour le réaliser est un concept simple, mais contraignant - responsabilisation de chacun à l'égard de ses armes à feu ordinaires. C'est un prix minime à payer pour avoir le privilège d'être autorisé à posséder et à utiliser une arme dangereuse ».

  • Les armes à feu ne constituent pas un problème exclusif aux grandes villes. Là où il y a davantage d'armes à feu, l'opposition à l'enregistrement est plus marquée. Ironiquement, là où il y a davantage d'armes à feu, les taux de décès et de blessures par balle ont aussi tendance à être plus élevés. Par exemple, les provinces ayant les taux les plus élevés de décès causés par une arme à feu sont le Nouveau-Brunswick (6.9), l'Alberta (5.8), la Nouvelle-Ecosse (6,9) et la Saskatchewan (5.8), comparativement à la moyenne nationale (4.3).

  • Bien que les armes à feu illégales, les crimes reliés à la drogue et le crime organisé soient une préoccupation constante, la plupart des homicides perpétrés au Canada impliquent des personnes qui se connaissent. Dans les cas de violence conjugale, les armes à feu sont les armes de prédilection des assaillants. Lorsque cette violence va jusqu'au décès de femmes et d'enfants, ce sont les fusils de chasse et les carabines, les armes les plus répandues en milieu rural, qui sont le plus souvent utilisés. Les tragédies récentes en font foi. De plus, six enquêtes n'ayant aucun lien entre elles recommandent le réglementation et l'enregistrement des armes pour prévenir d'autres tragédies.

  • Au Canada, le taux d'enfants de moins de 15 ans tués par des armes à feu arrive au cinquième rang des nations industrialisées, après les États-Unis, la Finlande, l'Israël et l'Irlande du nord. Les taux d'assassinat d'enfants en Alberta et en Saskatchewan équivalent aux taux combinés de l'Israël et de l'Irlande du nord. Ces problèmes s'aggravent en milieu rural où l'accès aux armes à feu est plus répandu. 

  • Le taux de suicide par arme à feu est plus élevé dans les petites communautés (8 par 100 000 comparativement à 1,8 dans les trois plus grandes villes canadiennes), tout comme le taux d'accidents impliquant une arme à feu (0,85 comparativement à 0,17). Les armes d'épaule sont plus souvent utilisées pour la perpétration d'homicides dans les communautés rurales (dans 62% des cas) que dans l'ensemble du Canada (54% des cas).

Q- Quel sera le fardeau financier pour les propriétaires d'armes à feu?

R- 

  • Les exigences en matière d'enregistrement et de permis sont raisonnables, plus particulièrement si l'on tient compte des effets meurtriers des armes à feu. Actuellement, on peut enregistrer les armes à feu existantes en remplissant un formulaire et en payant 18 $ pour l'enregistrement de toutes les armes appartenant à une même personne. Lors de leur achat, les nouvelles armes à feu seront enregistrées à leur point de vente pour la somme de 25 $. Ces droits ne seront payés qu'une fois, à moins que l'arme soit vendue ou transférée. Le coût des permis ira de 10 $ à 80 $ pour cinq ans, selon le type de permis. Les avantages généraux à tirer en ce qui concerne la sécurité dépassent nettement les inconvénients occasionnés aux propriétaires légitimes.

Q- L'enregistrement entraînera-t-il la confiscation?

R-

  • Le contrôle des armes à feu et l'abolition des armes à feu sont deux choses bien différentes. Les affirmations selon lesquelles l'enregistrement mènera à la confiscation ne sont pas fondées. Dans la très grande majorité des cas où des armes à feu ont été prohibées, leur interdiction fait suite à la conclusion qu'elles ne sont pas adaptées à la chasse ou au tir à la cible et les droits acquis de leurs propriétaires sont respectés. Ils peuvent donc conserver ces armes à feu jusqu'à leur mort; les propriétaires d'armes de poing à canon court forment désormais une catégorie restreinte et peuvent se les transférer entre eux. 

Q- La loi donne-t-elle aux policiers le pouvoir de procéder à des fouilles ou perquisitions sans mandat?

R- 

  • Les pouvoirs d'inspection prévus par la loi sont compatibles avec les pouvoirs d'inspection prévus par d'autres lois. La loi ne permet pas aux policiers d'entrer dans une maison sans obtenir la permission de son propriétaire ou un mandat. Les pouvoirs d'inspection des policiers se limitent aux propriétaires d'armes interdites ou à autorisation restreinte ou aux propriétaires de 10 armes à feu ou plus; de plus les policiers doivent leur donner un préavis et obtenir leur consentement. À défaut, ils ne peuvent agir sans mandat. De plus, la loi est assujettie à la Charte. Les allégations d'abus de pouvoir de la part des policiers ne visent qu'à raviver l'opposition à la loi.

Q- Qu'en est-il des affirmations selon lesquelles les propriétaires d'armes à feu n'enregistreront pas leurs armes?

R- 

  • Certains propriétaires d'armes à feu prétendent qu'ils les enterreront ou qu'ils enregistreront des armes fictives. Nous croyons que la très grande majorité de propriétaires d'armes à feu sont respectueux des lois et qu'ils se conformeront aux mesures législatives. Beaucoup de gens n'appuyaient pas les mesures législatives imposant le port de la ceinture de sécurité, mais au bout du compte, la plupart des Canadiens respectent la loi. Selon le dernier sondage Angus Reid (mai 1998), la majorité des propriétaires d'armes à feu affirment qu'ils demanderont un permis et qu'ils enregistreront leurs armes à feu. Les efforts délibérés visant à perturber le système ne doivent pas être tolérés.

Q- Voulez-vous vraiment que les propriétaires d'armes à feu respectueux des lois deviennent des criminels?

R-

  • Les contrevenants qui commettent une infraction pour la première fois peuvent être accusés par voie de procédure sommaire et sont passibles d'une amende maximale de 2 000 $ et/ou de six mois d'emprisonnement. Nous nous préoccupons de ne pas punir indûment les contraventions commises par inadvertance, mais la loi doit pouvoir faire échec au commerce illégal des armes à feu et des sanctions criminelles sévères sont nécessaires. Les policiers conservent le pouvoir discrétionnaire de porter ou non des accusations. La Couronne est aussi investie d'un pouvoir discrétionnaire pour ce qui est des poursuites et les tribunaux ont la possibilité de prononcer une absolution inconditionnelle ou sous condition.

Q- Les citoyens n'ont-ils pas besoin d'armes pour se protéger?

R- 

  • Comme l'exemple américain l'a trop bien démontré, s'armer pour se protéger ne donne rien de positif et n'entraîne qu'une escalade de la violence. Bien que les taux de meurtres commis sans l'aide d'une arme à feu dans nos deux pays soient assez comparables, aux États-Unis, les taux d'homicides par balle et d'homicides commis à l'aide d'une arme de poing sont respectivement 709 fois et 14.5 fois supérieurs aux taux canadiens. L'accès non contrôlé aux armes à feu présente un risque pour les agents - plus les armes à feu sont accessibles, plus grand est le risque qu'encoure les policiers. L'accès généralisé aux armes à feu aux États-Unis a augmenté les risques auxquels font face les agents de police. En 1997, 1 agent de police a été assassiné dans le cadre de son travail au Canada, alors qu'aux États-Unis, où la population n'est que dix fois supérieure à celle du Canada et où il est beaucoup plus facile d'avoir accès aux armes à feu, 64 policiers ont été assassinés dans l'exercice de leurs fonctions, dont 63 par balle. À San Diego, par exemple, un automobiliste sur trois intercepté pour des infractions au Code de la route est armé. Il n'est pas conforme à nos droits et à nos valeurs que les citoyens s'arment pour se protéger.

Q- Et que penser du « Practical Firearms Control System » de la National Firearms Association?

R-  

  • Le système proposé mettrait la sécurité du public en péril. Il met l'accent uniquement sur la formation, alors que la principale menace pour la sécurité du public ne vient pas du fait que les gens ne savent pas utiliser une arme à feu, mais du fait que certaines personnes utilisent intentionnellement les armes à feu à mauvais escient pour commettre des homicides, se suicider ou perpétrer des infractions. Le projet de la NFA écarte le processus de vérification préalable minutieuse élaboré pour empêcher les personnes qui présentent un risque pour elles-mêmes ou pour autrui d'avoir accès aux armes à feu. Il s'en remet aux moniteurs d'armes à feu pour l'approbation des permis après vérification du dossier criminel comme seule mesure de vérification préalable. Il supprime les restrictions relatives à certaines armes comme les fusils d'assaut militaires, en laissant entendre que les propriétaires d'armes à feu devraient avoir accès à toutes les armes à feu qu'ils sont capables d'utiliser compte tenu de leur formation. La NFA prône de plus le recours aux armes pour se protéger et la prise de mesures pour protéger les enfants contre les risques des armes à feu plutôt que le rangement sécuritaire des armes à feu. Les policiers sont mieux placés pour évaluer le risque que présente un particulier pour lui-même ou pour autrui.


4. L'appui que récolte la loi

Q- Et l'opposition?

R- 

  • Les sondages ont démontré sans exception qu’une grande majorité de canadiens supporte le contrôle des armes. D’après le dernier sondage, (Gallup, nov. 2001), 7 Canadiens sur 10 supportent la nouvelle législation. Le support varie selon les régions, allant de 90% au Québec à 53% en Saskatchewan. L'opposition résulte en grande partie de la désinformation faite délibérément par le lobby des armes à feu.

Q- Qu'en est-il du recours provincial engagé pour contester la loi?

R-  

  • La Coalition pour le contrôle des armes, la Société canadienne de pédiatrie, l'Association de santé publique du Québec, l'Association Canadienne des Chefs de Police, CAVEAT (Canadiens contre la violence partout recommandant sa révocation) et les villes de Toronto, Montréal et Winnipeg ont participé activement dans la défense de la loi jusqu'à la Cour suprême du Canada. La décision sans équivoque (9-0) de la Cour suprême stipule que « Les clauses concernant l’enregistrement ne peuvent être dissociées du reste de la Loi. Les clauses concernant les permis obligent tout individu qui possède une arme à feu à se procurer un permis; les clauses concernant l’enregistrement rendent obligatoire l’enregistrement de toutes les armes à feu. Ces parties de la Loi sur les armes à feu sont toutes deux fermement liées à l’objectif du Parlement de promouvoir la sécurité par la réduction des mauvais usages de n’importe laquelle et de toutes les armes à feu. Les deux portions sont partie intégrante du système et sont nécessaires à son opération. »

  • Les efforts déployés par les provinces pour établir une distinction entre les armes de poing, qu'elles disent dangereuses, et les carabines et fusils de chasse, qui ne constituent selon elles que des biens privés, sont difficiles à expliquer, étant donné que les armes d'épaule sont les armes à feu les plus souvent récupérées à la suite d'une infraction criminelle.

 

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